31 décembre 2009
Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban
Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban
de J. K. Rowling
Folio Junior -465 pages
Comme dans les deux premiers tomes, les vacances de Harry chez son oncle et sa tante se révèlent catastrophiques. Cette fois c’est la tante Marge qui en fait les frais. Harry, s’imaginant qu’après avoir utilisé la magie contre elle il sera exclu de Poudlard, prend ses affaires et fait une fugue. Il atterrit au Chaudron Baveur où il rencontre Cornelius Fudge, le Ministre de la Magie qui le minimise l’incident. Il faut dire que Sirius Black, parrain de Harry et partisan de Voldemort, s’est échappé de la terrible prison d'Azkaban.
Je ne vais pas en dire plus car ce tome gagne en complexité ce qu’il perd en naïveté et en angélisme. L’ambiance s’assombrit, le danger se fait plus palpable. Entre l’évasion de Sirius Black et les épouvantards, la peur prédomine. La menace Voldemort se précise de plus en plus et Harry grandit avec elle : les informations qu’il apprend ses parents et leur passé y sont pour beaucoup. De nouveaux personnages, à la psychologie plus fouillée, font leur apparition : le professeur Lupin, Sirus Black, très inquiétant. Le tome gagne en épaisseur, l’intrigue aussi et certains personnages (les professeurs et Hermione aussi) y gagnent un peu plus de substance. Ce qui me convient mieux que les deux premiers tomes. J'attaquerai le 4 avec plaisir.
Livre lu dans le cadre du challenge (Re)Reading Harry Potter. Je vous propose de lire aussi les avis des autres membres de La Team Edwige à savoir Yueyin, Nelfe et Marie
Vous pouvez lire les avis des participants chez Cachou.
23 décembre 2009
Le cadeau du froid
De Velma Wallis
JC Lattès - 173 pages
Lire le livre de Velma Wallis c'est entrer dans un autre monde. Velma Wallis est née en Alaska dans une tribu Athabaskanne, une tribu qui vit au delà du cercle polaire. Elle a été élevée selon les valeurs traditionnelles de son peuple, valeurs qu'elle continue de respecter et de perpétuer. Elle vit dans une cabane de trappeur plutôt isolée et bien qu'elle soit notre contemporaine nous ne vivons probablement pas dans le même espace-temps. Le cadeau du froid reprend un conte, une légende fondatrice de son peuple, qui est traditionnellement transmis de manière orale de génération en génération. Velma Wallis le tient de sa mère qui le tenait de sa mère et ainsi de suite.
Les temps sont durs pour la Tribu. L'hiver est rude, le froid plus intense, les animaux se font rares. Malgré ses déplacements la Tribu ne trouve plus assez de nourriture pour tout le monde. Sa' et Ch’idzigyaak sont deux vieilles femmes dont toute la tribu prend soin. Las ! Elles se plaignent constamment et sont devenues un poids. En ces temps de famine elles sont deux bouches inutiles à nourrir alors que la faim tenaille les ventres. Un jour, le chef, après en avoir délibéré avec le conseil de la tribu, décide de les abandonner sur place. La Tribu lève le camp et laisse les deux vieilles à leur sort. C'est la mort qui les attend à la nuit tombée. Mais Sa' n'accepte pas son destin et décide de lutter pour sa survie entraînant avec elle Ch'idzigyaak.
Le cadeau du froid est un peu le conte de Noël à offrir cette année. Il est à la fois très représentatif d'un imaginaire et d'une culture particulière (et mal connue) et universel car porteur de valeurs humaines très fortes : la solidarité, la ténacité, et l'amitié... entre autres. Ce conte décrit avec réalisme le quotidien d'un peuple nomade et les conditions de vie au delà du cercle polaire. L'écriture, simple et sincère, de Velma Wallis entraîne dans un autre monde âpre et rude, aux paysages glacés magnifiques. Chaque chapitre est agrémenté d'une belle illustration dont l'une illustre aussi la couverture. A la fin du roman l'éditeur nous gratifie d'une brève mais éclairante information sur les peuples nomades d'Alaska et reproduit la postface de l'édition américaine qui retrace le parcours de l'auteur et de son roman.
Lire aussi les avis de Jess, val, Pimprenelle, mazel, Serafina, Choco, Canel, Anne, Emmyne, Hildebald et d'autres encore bientôt chez Blog-O-Book
09 décembre 2009
Warchild
de Karin Lowachee
Le Belial' - 560 pages
Avis de Monsieur Lhisbei
C’est un petit garçon. Il a huit ans et vit sur le Mukudori, un navire marchand du Concentra Terre. Ses parents lui ont parlé des pirates, des Striviirc-na une race d’aliens, des dangers de l’univers. En cas d’attaque ou d’abordage du Mukudori il a pour consigne de se cacher et ne plus bouger jusqu’au retour de ses parents. Mais ceux-ci ne reviennent pas. Il sort de sa cachette et tue son premier homme. Il s’appelle Jos Musey. Fait prisonnier par le pirate Falconne, capitaine du Gengis Khan, destructeur du Mukudori, il vit dans la peur. Pendant un an, Jos vit avec Falconne, devient son élève et son mignon, mais ne pense qu’à s’évader. Il n’attend qu’une occasion, une seule, qui se présentera lors d’une escale sur la station Chaos. Jos descend accompagné de Falconne. Bruits, explosions, fureur …il en profite et se met à courir, ressent une douleur dans le dos et s’effondre. Jos se réveille dans une chambre sur la planète Aaian’na. Lui qui n’a connu que l’espace et la vie sur les vaisseaux interstellaires est désorienté et ne sait pas où il est. Il l’apprend de la bouche du Warboy, un sympathisant des Striviirc-na les aliens mangeurs d’enfants, un traitre à la race humaine, au Concentra Terre. Mais le Warboy se montre un professeur attentif et attentionné. Jos le petit garçon découvre et apprend à aimer une civilisation raffinée, aux règles strictes. Le Warboy, qui se nomme Nicolas-dan, devient son tuteur, son mentor et lui enseigne l’art de la guerre et du combat. Jos est envoyé en mission d’espionnage pour le compte des Striviirc-na. Il devient ainsi le Warchild. Sur le Macédoine, un vaisseau de guerre du Concentra Terre, il doit infiltrer le corps des Slojets, ces soldats d’élites. Mais Jos est jeune, très jeune … Saura-t-il réussir sa mission et sauver les Striviirc-na ? Trouvera t-il la paix ?
Je ne suis pas objectif pour faire la critique d’un space-opera, j’adore ! Mais celui-ci est différent. Certes on y trouve tous les ingrédients du bon space-opera : les vaisseaux, les stations spatiales, les pirates, les extraterrestre, la guerre…. La différence vient de la mise en scène d’un enfant, de son éducation par plusieurs personnages, d’abord ses parents, ensuite le pirate Falconne puis le Warboy et enfin le capitaine du Macédoine. Vous découvrirez l’évolution de ce petit homme, son parcours initiatique dans un monde hostile, ses craintes, ses peurs, son innocence. Il va peu à peu prendre conscience de l’univers qui l’entoure, apprendre à dominer ses peurs et un jour l’enfant devient homme. Il réfléchit, trouve sa place, décide et, par ses actes, maîtrise son destin. Je n’ai pas pu lâcher ce roman avant de l’avoir terminé. Karin Lowachee vous emporte dans son univers, vous pose des questions sur l’enfance, les adultes, la différence et les apparence qui sont parfois trompeuses. Je ne peux que vous le conseiller. Précipitez vous pour l’acheter et le lire. Je ne suis pas objectif lorsqu’il s’agit de space-opera mais quand même…
Avis de Monsieur Lhisbei
Lire aussi les avis de Efelle et de Big Luna.
30 novembre 2009
Harry Potter et la chambre des secrets
Harry Potter et la chambre des secrets
de J. K. Rowling
Folio Junior - 364 pages
Deuxième année scolaire à Poudlard pour Harry Potter. Mais avant il lui faut passer les vacances chez son oncle et sa tante, qui, effrayés par ses pouvoirs magiques, tentent de changer d'attitude... Des vacances qui s'annoncent plutôt bonnes mais qui virent vite à la catastrophe. Pour commencer Harry ne reçoit aucune nouvelle de ses amis Ron et Hermione. Lors de son anniversaire Dobby, un elfe de maison, vient le prévenir qu'il court un grand danger s'il retourne à Poudlard. Pour le sauver il provoquera même un incident "magique" destiné à le faire renvoyer de l'école. Harry n'a pas le droit d'user de magie dans le monde des Moldus. En apprenant ça les Dursley reprennent illico leurs mauvaises habitudes. Harry s'apprête donc à passer le reste des vacances dans un placard. Mais c'est sans compter avec Ron qui viendra le "délivrer". Les vacances finies c'est le retour à Poudlard. L'année scolaire va être perturbée par l'ouverture de la Chambre des Secrets, chambre maudite construite par Salazar Serpentard (qui n'est pas le plus recommandable des sorciers), et la pétrification de certains élèves, ceux qui n'ont pas le sang pur (autrement dit qui ont des Moldus dans l'arbre généalogique). La Chambre des Secrets ne peut être découverte que par l'héritier de Serpentard et, évidemment, c'est Harry que l'on soupçonne....
Ce deuxième tome est construit comme le premier : il suit de manière chronologique l'année scolaire de Harry. On retrouve les mêmes ingrédients, la même plume mais avec une histoire un peu plus étoffée, un peu plus complexe et un peu plus sombre. Le rythme est aussi un peu plus alerte. Les personnages sont un peu plus fouillés et commencent à avoir une personnalité plus marquée. Par rapport au premier volet, ce tome m'a un peu plus accrochée.
Livre lu dans le cadre du challenge (Re)Reading Harry Potter. Je vous propose de lire aussi les avis des autres membres de La Team Edwige à savoir Yueyin, Nelfe et Marie
Vous pouvez lire les avis des participants chez Cachou.
31 octobre 2009
Harry Potter à l'école des sorciers
Harry Potter à l'école des sorciers
de J. K. Rowling
Folio Junior - 305 pages
Harry Potter est élevé par son oncle Vernon et sa tante Pétunia depuis la mort de ses parents. Les Dursley habitent un quartier tranquille de banlieue mais détestent Harry et laissent leur fils Dudley lui faire toute les misères du monde. Le jour de ses 11 ans, Rubeus Hagrid, un géant, vient le chercher pour l'emmener à Poudlard, l'école des sorciers. Harry Potter ne sait rien de ses parents, ne connait rien au monde des sorciers. Hagrid lui révèle alors que ses parents étaient des sorciers et qu'ils ont été assassinés par Voldemort, un mage noir très puissant dont personne n'ose prononcer le nom. Voldemort n'a pas réussi à tuer Harry, encore bébé. La cicatrice en forme d'éclair sur son front est le stigmate du sort jeté par Voldemort. Dans le monde des sorciers Harry est considéré comme un héros puisque Voldemort n'est jamais réapparu ensuite.
Dans ce premier tome Harry fait donc son entrée à Poudlard et l'on suit sa première année de scolarité. Il se fait des amis, Ron et Hermione, et des ennemis, découvre le Quidditch et parvient même à résoudre un mystère. Tous les ingrédients pour faire une bonne histoire sont réunis : de l'humour, un style léger, du suspens tout au long du récit, des personnages attachants. J. K Rowling est très imaginative (les néologismes inventés renforcent
l’univers magique de Poudlard) mais l'intrigue est linéaire et le monde créé
manque de complexité pour me séduire totalement. Ce premier tome n'est pas très épais - au sens propre comme au figuré - ça change par la suite.
Livre (re)lu dans le cadre du challenge (Re)Reading Harry Potter.
Je vous propose de lire aussi les avis des autres membres de La Team Edwige à savoir Yueyin (qui compte au moins pour 5 non mais).
Vous pouvez lire les avis des participants chez The Bursar et Cachou.
25 octobre 2009
Lilliputia
de Xavier Mauméjean
Calmann-Lévy - 445 pages
Il existe des livres dont il est difficile de parler avec « la tête ». Des livres qui mettent à mal le cerveau du lecteur et pour lesquels formuler un avis « argumenté » est encore plus ardu. Ces livres sont parfois hermétiques, ou réfractaires à la compréhension du lecteur. Le plus souvent ils sont déroutants, extravagants, ou simplement un peu trop tordus ou originaux pour le lecteur moyen qui se sent bousculé et, par ricochet, un peu mal-à-l’aise pour en parler. L’avantage, cependant, pour un lecteur moyen qui tient un blog (et qui se doit de rédiger des avis argumentés) c’est qu’il peut, par une pirouette, décider de mettre son cerveau au placard et de parler avec « son cœur » (chose que ne peut faire le critique littéraire – heureux soient les blogueurs…). Après cette longue introduction vous avez tous compris que Lilliputia entre dans la catégorie des livres déroutants ou un peu tordus pour la lectrice moyenne que je suis. Et qu’il ne faudra pas chercher un avis argumenté, fouillé, portant haut une analyse approfondie du roman (pour cela allez faire un tour chez les copains cités plus bas vous trouverez votre content).
Lilliputia s’ouvre sur cette phrase : « Ce roman est dédié à tous les parcs défunts ». S’en suit la liste de parcs défunts (qui m’a renvoyé illico presto au souvenir d’une jetée de la côte ouest américaine à moitié rongée par la mer qui accueillait le squelette d’un parc défunt justement). Premier pas de côté.
La première partie du livre s’orne de ceci:
« Pourquoi les gens sont-ils méchants ?
Est-ce que leur cœur change de couleur ? »
Et c’est tiré de …Oui-Oui … Deuxième pas de côté (il y en aura d’autres tout le long du roman pour mieux tordre la réalité). Et bienvenue dans Lilliputia. Ou plutôt bienvenue à Dreamland, immense parc d'attraction installé sur l'île de Coney Island, destiné au plaisir des Grands. Car à Lilliputia, cité miniature, on ne trouve que des Petits, des nains « parfaits », aux proportions harmonieuses, véritables poupées vivantes. Elcana est de ceux-là. Né en Europe de l'Est dans un pays qui ressemble à la Pologne (enfin je trouve), il est contraint de fuir son pays après avoir commis un meurtre (très réducteur comme résumé des évènements) et se retrouve embarqué de force pour Dreamland. Les 40 premières pages du roman sont consacrés à la généalogie d'Elcana. L'arrivée à Dreamland ne se fait que beaucoup plus tard après un passage remarquable par Ellis Island. La vie même d'Elcana à Lilliputia n'est pas vraiment le propos du livre. L'auteur s'intéresse plus à la naissance des parcs, à l'histoire de Coney Island, de New York, ce qui donne l'impression que la quatrième de couverture est à côté de la plaque (un pas de côté encore). Lilliputia condense à la fois des épisodes de la création de la ville de New York (ses gangs, ses incendies) et celle des USA (la prohibition, l'outrance et la décadence, l'escalade dans le trash qui fatalement s'en suit) sur une échelle de temps très ramassée. Vertige assuré.
Le roman est truffé de références ou de parallèles avec la mythologie grecque (mention spéciale au personnage de Mongo, Roi de Minos au physique taurin) et efface en permanence les frontières entre l'imaginaire et la réalité surtout quand la « poudre blanche » que les nains inhalent fait son apparition. Parfois je me suis perdue (trop de pas de côté...) mais à chaque fois la plume de Xavier Mauméjean m'a ramené in extremis sur les pas d'Elcana. J'aurais pu, comme Sandrine Brugot Maillard, passer à côté ....
Lire aussi les avis de SFU, NooSFere, Cafard Cosmique, ActuSF, Critic, Khimaira, Angua, Nébal, Mes Imaginaires, CultureSF, Fashion, Chiffonnette, Routard et sur Babelio.
04 octobre 2009
Djeeb le chanceur
de Laurent Gidon
Mnemos - 275 pages
Djeeb Scoriolis est ... En fait il est très difficile de dire ce qu'est Djeeb et encore plus de comprendre qui il est. Pas tout à fait aventurier (ni très habile au combat, ni rompu aux techniques de survie en milieu hostile), pas tout à fait artiste (bien qu'il en ait l'apparence et la tenue vestimentaire, il n'a pas de talent spécifique) , pas vraiment magicien (bien que son sac recèle un bon nombre d'accessoires lui permettant de jouer des tours), il ne répond pas non plus aux critères du héros. Il ne cherche pas à réaliser une quête destinée à l'élever (sauf dans la bonne société de la ville d'Ambeliane mais l'enjeu ne dépasse guère sa personne), n'est pas doté de hautes qualités morales (on peut même dire qu'il n'obéit qu'à sa propre morale), ni de convictions politiques ou religieuses. Djeeb n'est fidèle qu'à lui même (et ce n'est déjà pas si facile). Comme il a une haute opinion de lui même (et une grande confiance en ses capacités) il part à la conquête d'Ambeliane, ville mystère que nul ne pénètre. Enclavée dans une montagne elle n'est accessible que par la mer et la passe est truffée de dangers (la couverture du livre est d'ailleurs très expressive sur ces premiers dangers). La ville, et sa société dont les dehors raffinés cachent un abîme de violence, est un piège en elle même. Ses chances de réussir sont minces mais Djeeb a un atout. Il est doté d'une intuition très développée, d'un sixième sens qui lui permet de sentir et ressentir, les ambiances, les gens. Les relations que ces derniers ont tissé entre eux sont, pour lui, autant de fils visibles, fils qu'il a appris à manipuler. Son arme favorite : les mots, le verbe ou plutôt le Verbe... Il y a du Caracole dans ce Djeeb. Caracole est le troubadour de La Horde du contrevent, un magicien qui fait virevolter les mots, les cœurs et les tripes. Vif, fait de vent, il est insaisissable, ne s'attache à rien (et presque à personne). Djeeb réussit à être complexe et léger, énervant et attachant, éclatant et sombre. Ses aventures à Ambeliane sont palpitantes, rocambolesques et à son image : toutes en démesure (jusqu'à la fin) y compris dans les moments plus tragiques (car il y en a).
La plume de Laurent Gidon (connu aussi sous le pseudo de Don Lorenjy) sert parfaitement le livre. Vive dans les scènes d'actions, élégante quand il faut suivre les mondanités ambelianes, éloquente pour la voix de Djeeb, sobre face à la mort. La forme est ici au service du fond et s'adapte au récit, la narration est exempte de longueurs et de défauts. Le style, très travaillé, pourra parfois paraître un peu artificiel mais, sans lui, Djeeb serait aussi éphémère qu'une rafale au milieu d'une tempête.
Lire aussi les avis de SFU, NooSFere, ActuSF, Cafard Cosmique, Yozone, atemporel, Mythologica, Phénix-Web, Elbakin, Angua, Nébal, Coeur de chêne, Lire en tout genre, Chiffonnette, Les chroniques de l'imaginaire.
26 septembre 2009
Suprématie
de Laurent McAllister
Bragelonne - 672 pages
Avis de Monsieur Lhisbei
Laurent McAllister est le résultat de la rencontre entre deux auteurs : Jean Louis Trudel, écrivain, spécialiste en astrophysique, randonneur et blogueur, et Yves Meynard, écrivain. Pour Suprématie, Jean-Louis Trudel s’est attaché à la partie scientifique et rigoureuse et Yves Maynard à la psychologie des personnages et l’humour.
Suprématie est un space-opera composé de vaisseaux étranges, de peuples insolites, de planètes exotiques, où les bons semblent parfois être les méchants et vice versa. Je ne peux pas dire que j’ai dévoré ce roman. J’ai mis plusieurs dizaines de pages avant d’être aspiré dans cette aventure mais quelle aventure ! Pleine de rebondissements, aux personnages à psychologie complexe, aux scènes d’action dynamiques. Batailles spatiales, évasion, manipulation, prise de pouvoir, bref tous les ingrédients sont réunis pour une grande et belle aventure. L’histoire est construite autour du Capitaine Alcaino avec des flash-backs qui ralentissent la dynamique de l’histoire mais apportent des éléments instructifs sur les personnages et constituent des histoires dans l’histoire qui pourraient être à elles seules des romans indépendants.
Les Suprémates dominent l’Amas, un endroit isolé dans l’espace constitué de multiples civilisations. A partir de leur planète Canterna ils imposent leur vision de l’Univers et soumettent un à un les peuples de l’Amas. Les seuls capables de leur résister sont des mercenaires commandés par le Capitaine Alcaino. Ces derniers voyagent à bord du Doukh une des dernières nefs de guerre, immense vaisseau presque indestructible aux capacités quasi illimitées, dirigé par Mnémosyne, une intelligence artificielle. Les Supémates imposent leur vision grâce aux filtres de réalité qui obligent tous les porteurs à voir les événements sous le même angle et à être constamment surveillés : le big brother parfait. Lorsque les Suprémates décident d’envahir la ville d’Art, Alcaino, avec le Doukh et ses mercenaires, leur inflige une sévère défaite. Mais Alcaino ne peut rester et protéger continuellement cette ville de l’espace. Les Suprémates vont revenir et profiter de l’absence du Doukh pour détruire la ville d’Art, ce joyau de l’Amas. Ce sera leur dernière erreur. Alcaino mettra au point un plan pour frapper au cœur de la Suprématie. Ce qui l’emmènera lui et son équipage aux confins de l’Amas, aux limites du possible et parfois même au-delà.
Avis de Monsieur Lhisbei
Suprématie a son site web.
Lire aussi les avis de Phénix-Web, Psychovision et de Marc
20 septembre 2009
Transparences
de Ayerdhal
Le Livre de Poche - 603 pages
Avis de Monsieur Lhisbei
Stephen criminologue d’origine Québécoise travaillant à Lyon pour Interpol ne pouvait pas imaginer que le dossier que l’on venait de lui confier bouleverserait sa vie : le dossier Anne X, tueuse en série froide, implacable et impulsive qui a, à son actif, plus de 1000 meurtres. Ses parents et un couple d’amis ont été ses premières victimes. Elle n’avait que 12 ans. Stephen va poursuivre Anne X à travers le monde. Il va apprendre à la connaître, la découvrir et mettre à jour un complot plus vaste qu’il n’y paraît, une entreprise de désinformation menée par des services secrets américains. Mais qui est Anne X ? Existe-t-elle réellement ou est-ce juste un fantasme de Stephen ? Les témoins sont vagues et peu sûrs. Les caméras de surveillance laissent juste apparaître une silhouette floue que personne ne peut identifier. Anne X est transparente. Pourtant des gens meurent et Stephen doit arrêter cette hécatombe qui dure depuis plusieurs dizaines d’années. Il est certainement le seul au monde à pouvoir arrêter Anne X mais le sait-il ? Dans sa quête, il sera aidé par Michel, un SDF avec qui il a sympathisé. Stephen devra perdre son innocence et trouver en lui des ressources qu’il ignorait.
Ceci n’est pas de la science fiction… quoi que … Ayerdhal avec son talent de narrateur nous transporte à travers le temps et l’espace dans un thriller contemporain, époustouflant et bluffant. L’histoire est rondement menée. Impossible de lâcher le livre avant de l’avoir terminé. A chaque page je voulais toujours savoir ce qu’il y avait de l’autre coté et, pour cela, il fallait la finir et la tourner. Oui j’ai fait une infidélité à la science-fiction… mais bien aidé en cela par Ayerdhal, un des auteurs de SF les plus doués de sa génération (pour ma part c’est le meilleur Français), et je ne le regrette pas. Merci M. Ayerdhal et chapeau bas, continuez à nous écrire des romans de cette qualité SF ou pas (mais plutôt SF).
Là elle me relit par dessus votre épaule.
Avis de Monsieur Lhisbei
Lire aussi les avis de la Yozone, du Cafard Cosmique, d'ActuSF, de NooSFere, de la librairie Ys, de Polar Noir, du magazine Lire, d'Emeraude...
15 septembre 2009
Harlequinades 2009 - L'appel des étoiles
L'appel des étoiles
(Titre original : From a distance)
D'Émilie Richards
Harlequin - 184 pages
Second livre lu (parce qu'il n'y en aura pas de troisième) dans le cadre des Harlequinades 2009. Ligne directrice de cette étude : la fin des clichés en science-fiction (rien que ça !)
En guise de mise en bouche je vous livre les premières lignes du prologue * :
Ils étaient si loin de chez eux... Comment allaient-ils pouvoir effectuer les réparations nécessaires, sur cette planète qu'ils connaissaient à peine ?
- Il y a des épaves, par ici, observa le capitaine
Il se pencha vers l'écran de son vaisseau spatial et examina avec intérêt l'île minuscule sur laquelle ils s'apprêtaient à atterrir.
C'est de la SF, de la vraie, de la pure science-fiction même si elle travaille sous couverture, planquée dans la collection Rouge Passion - Passion et Surnaturel. Faisons fi des étiquettes : un prologue avec un vaisseau spatial qui doit d'urgence se poser sur notre terre, sur une île si possible déserte, pour être réparé, c'est de la SF, point. Et, comme de bien entendu, l'île ne sera pas vraiment déserte, nous aurons droit à l'un des thème majeur de la SF à savoir le contact avec l'extra-terrestre, l'Autre tant attendu et tant redouté. Un thème qui a inspiré les plus grands auteurs de Heinlein à Herbert en passant par R. C. Wilson, Robert Reed ou Douglas Adams et Roland C Wagner dans un style plus décalé.
Revenons à notre prologue. Que la lectrice (la SF est une littérature de garçon ? Voici une idée reçue malmenée par Harlequin) se rassure. Malgré les avaries techniques, le vaisseau se posera sans encombres et nous n'aurons pas droit à l'atterrissage catastrophe tellement cliché dans les romans de SF. Au contraire l'engin spatial se posera même dans un mouvement fluide. Pas d'inquiétude à avoir non plus sur les réparations si l'on en croit le capitaine (au passage remarquez l'excellent meneur d'homme qu'il fait, capable de complimenter son second après son extraordinaire manœuvre) :
- Bravo ! Vous avez réussi à vous poser sans soubresaut, malgré les problèmes techniques que nous avons... et maintenant, au travail. La réparation devrait pouvoir se faire assez rapidement.
Une fois posé, c'est la catastrophe. L'île n'est pas déserte, une jeune femme a assisté à la scène. Les radars biologiques n'avaient pourtant détecté aucune présence humaine. Les E.T. n'ont pas d'autre solution que d'entrer en contact avec elle, non sans hésiter un peu à cause des conséquences de leur acte. En plus d'être un as du pilotage le second est aussi très intuitif : "Mais je sens que ce que nous allons faire ce soir risque de changer le cours de l'évolution de cette planète". Pour des E.T. dont la mission est de propager l'harmonie dans l'univers (notez au passage que l'escale Terre n'était pas prévue au programme) le coup est rude à encaisser. Car dans la SF harlequinesque, les ET ne sont pas un peuple guerrier, conquérant et envahisseurs (trop cliché je vous dis), mais une intelligence supérieure ayant accédé une conscience supérieure.
La jeune femme s'appelle Lindsey. Elle est l'ex-femme de Stefan Daniels, un éminent neurochirurgien au physique d'athlète et beau comme un dieu mi-latin, mi-slave. 12 ans de passion et deux enfants plus tard le mariage se solde par un échec cuisant, des relations houleuses et des enfants perturbés. Question harmonie la vie de Lindsey en manque cruellement. Sa rencontre avec les ET va bouleverser sa vie. D'abord en la raccourcissant puisque les radiations émises par le vaisseau spatial sont fatales aux corps organiques. Ensuite parce que tout le monde va la croire folle (soyons réaliste, quelqu'un qui voit des petits hommes verts n'est pas souvent pris au sérieux) et enfin parce qu'un gentil ET va revenir pour tenter de la soigner. Il prendra l'apparence d'Alden, un jeune et beau médecin de campagne, ressemblant fortement à Robert Redford (jeune je suppose - si le livre était adapté pour le grand écran j'aurais plutôt vu Brad Pitt au casting mais les goûts et les couleurs ne se discutent pas). Lindsey aime toujours son mari mais la voila troublée par Alden, si proche, si attentionné... Quand Stéphan rencontre Alden c'est le choc des cultures entre le demi-dieu d'ex mari et Robert Redford. Bien entendu le dialogue n'est pas possible entre deux médecins aux méthodes radicalement différentes. Stefan pariant sur la froide rationalité qui l'amène à opérer des cerveaux à longueur d'année n'est pas prêt à écouter Alden qui a pourtant roulé sa bosse dans tous les coins de la galaxie et étudié de nombreuses formes de médecine y compris les formes les plus primitives ou anciennes de la Terre. Stefan ne croit pas aux ET et ne voit donc en Alden qu'un rival dans le cœur de Lindsey. Se rendant compte que la femme qu'il aime toujours est en train de mourir et de lui échapper définitivement, Stephan s'ouvre enfin à l'Autre et finit par écouter Alden. Pour sauver Linsey, ils vont même jusqu'à fusionner... l'esprit d'Alden dans le corps de Stephan. Leurs connaissances réunies, la médecine moderne s'en trouvera révolutionnée (enfin c'est la perspective que donne l'auteur à la toute fin du roman). Fin des clichés sur les ET : non seulement ils peuvent être positifs pour l'évolution de la terre mais ils savent aussi rester discret et repartir sur la pointe des pieds (après tout l'escale sur Terre n'était pas prévue). Leur ingérence reste limitée et le respect de la race humaine passe par la préservation du libre arbitre de l'homme. Sa capacité à faire un choix fait de lui ce qu'il est et sera...
Je ne vous parlerai pas longuement du style, de la narration, du rythme. Les ingrédients (beaucoup d'eau de rose, une touche de désir, un zeste de sexe) sont mixés sans mesure ni dosage adéquat. Le résultat final est une soupe indigeste. J'avoue avoir trouvé le temps long, m'être ennuyée ferme pendant ces 184 pages qui m'en ont semblé trois fois plus. Cette lecture est restée laborieuse du début jusqu'à la fin. Je laisserai le dernier mot à Monsieur Lhisbei, grand fan de space opera, que j'ai torturé en lui faisant lire le prologue. Son esprit de synthèse, la concision extrême de ses propos résument bien mon opinion sur ce livre. Voici ses mots : "c'est vraiment de la daube".
* tous les passages en italiques sont extraits du texte
Les Harlequinades 2009 prennent fin le 30 septembre 2009. Pour les suivre faites un tour chez Fashion.























