03 décembre 2009
Hors du temps
Réalisé par Jean-Teddy Filippe avec Natacha Lindinger, Bruno Todeschini, Philippe Duclos…
Hors du temps est un téléfilm français qui sera diffusé par Arte le 15 décembre 2009 à 23 h et à ne pas confondre avec le film au titre éponyme qui passe en ce moment dans les salles dont le titre en VO est The Time Traveler's Wife.
J'ai eu la chance de voir Hors du temps en avant première aux Utopiales de Nantes, le 1er novembre. La séance s'est déroulée en présence du réalisateur, Jean-Teddy Filippe.
Dans laboratoire de recherche, isolé sur une île du bout du monde, le professeur Franz Ostermeier est en pleine expérimentation sur le cerveau de Mab, un chimpanzé femelle. Il s'agit d'une expérience de physique quantique sur le temps semblable à celle du chat de Schrödinger. Pendant une seconde Mab est à la fois morte et vivante. Hélène, qui vient vérifier l'avancée des travaux de recherche, débarque sur l'île avec une journée d'avance et va se retrouver piégée dans une boucle temporelle que l'expérience à créé. La seconde devient une journée pour les scientifiques présents sur la base au moment de l'expérience...
Peut-on être à la fois mort et vivant ? Peut-on vivre dans un temps et être mort dans un autre ? Le scénario, habilement construit, balade le lecteur de questions en questions et brouille les frontières de la réalité. La construction du film (répétition de la même journée avec à chaque palier une subtile dégradation) fait monter la tension du spectateur. De boucle temporelle en boucle temporelle l'angoisse du temps qu'on ne maîtrise pas se fait plus prégnante. La fin du film éclaire le spectateur. Le réalisateur réussit l'exploit de ne pas nous perdre en route. Les acteurs sont saisissants. Un film vertigineux, intelligent, chiche en effets spéciaux (il n'en a pas besoin). Un film de SF qui se souvient que dans science-fiction on trouve science et fiction : à partir d'un postulat scientifique il construit une fiction impressionnante.
23 novembre 2009
Clones
Réalisé par Jonathan Mostow
Avec Bruce Willis, Radha Mitchell, Rosamund Pike, James Cromwell, Ving Rhames, Michael Cudlitz ...
Synopsis
Deux agents du FBI enquêtent sur le meurtre mystérieux d'un étudiant, qui semble lié à l'homme qui a contribué à mettre au point une invention qui s'est imposée dans toute la société : les gens peuvent désormais acheter des versions robotisées d'eux-mêmes, des doubles sans défaut qui, commandés à distance, effectuent leurs tâches à leur place et leur permettent de vivre par procuration sans quitter le confort et la sécurité de leur domicile.
Cette révolution technologique soulève beaucoup de questions, dont la première va vite devenir préoccupante : dans un monde d'apparences qui est réel, à qui peut-on faire confiance ?
Mon avis
Pour commencer ne cherchez pas les clones, vous n'en trouverez pas. Un clone humain, par définition, est une réplique humaine d'un autre être humain. Ici les doubles sont des machines que les humains pilotent depuis leur fauteuil. Le titre original, The Surrogates, peut être traduit par Les substituts car les machines se substituent aux corps humains dans la vie quotidienne.
Ne cherchez pas non plus un film qui vous permettra de réfléchir sur les implications d'un tel procédé de substitution. Vous vous demandez comment le phénomène impacte la société ? C'est simple : les 10 premières minutes du film vous renseigneront. Les hommes vivent par procuration, les meurtres ont disparu, tous les clones sont beaux et parfaits et les rapports humains sont totalement déshumanisés... Les gens s'ennuient toujours autant, les dépressifs le sont toujours, il y a autant de vieux, moches et malades mais leur clones affichent en permanence tous les signes du bonheur, de la santé et de la beauté. Des mouvements anti-clones se sont créés et, dans certaines villes, on trouve des enclaves 100% humaines interdites aux clones. Fin de la partie philosophique du film.
Par contre si vous recherchez un Die hard dans un univers futur pessimiste, Clones est fait pour vous. Bruce Willis incarne un flic (son clone arbore un superbe postiche) dont le fils est décédé dans un accident de voiture avant la généralisation des clones. La mort de son fils a aussi sonné le glas de son couple et sa femme ne communique plus avec lui que par clone interposé. Il est chargé d'enquêter sur la mort d'un étudiant. En pleine nuit, son clone s'est fait attaquer, entraînant le premier décès à distance d'un être humain. Bruce Willis se lance donc sur les traces du meurtrier façon John McClane c'est-à-dire avec courses poursuites, fusillades, bastons et destruction du matériel de l'Etat (à commencer par son clone). La fin est aisément prévisible. On se retrouve donc avec un film d'action très classique dans un décor d'anticipation sombre. L'esthétique du film renforce le côté pessimiste de la vision du réalisateur : clones inexpressifs, tons froids (gris ou bleu), société mécanisée et déshumanisée.
22 octobre 2009
Bientôt dans les salles IV
Alice in Wonderland, le prochain film de Tim Burton (avec Johnny Depp of course) sortira en mars 2010. Cette fois on passe
L'Imaginarium du Docteur Parnassus, le prochain Terry Gilliam sortira le 11 novembre 2009. Celui-là je ne vais pas le rater.
10 octobre 2009
District 9
Réalisé par Neill Blomkamp
Avec Sharlto Copley, David James (II), Jason Cope, William Allen Young, Robert Hobbs, Kenneth Nkosi, Nathalie Boltt, Nick Blake, Jed Brophy, Vanessa Haywood...
Synopsis
Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre...Ces visiteurs d'au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire...Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n'a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d'énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu'à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l'ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s'occuper de leur transfert. L'un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l'homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu'une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien. Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu'un seul endroit où se cacher : le District 9...
Mon avis
Groggy.
Nous sommes sortis de la salle de ciné groggy, sonnés et sans voix.
Difficile maintenant de rédiger un avis sur ce film. D'autant plus que d'autres comme Guillaume du Traqueur Stellaire en ont déjà très bien parlé. District 9 débute comme un documentaire et très vite le spectateur prend en grippe Wikus, petit employé de la MNU qui doit sa promotion au fait qu'il est marié à la fille du patron. Patron qui n'aura aucun scrupule à le transformer en cobaye par la suite ... Cette partie documentaire, très réaliste, est souvent vue comme une métaphore de l'apartheid. Oui mais pas seulement. C'est aussi une critique déguisée mais virulente sur nos sociétés modernes plus intéressées par les profits générés par les guerres (les grandes puissances sont les premiers fournisseurs en armes du reste de la planète) que par la (sur)vie de l'espèce (humaine et, ici, non humaine). Nos institutions mondiales, nos gouvernements (et nous) n'en sortent pas grandis. Progressivement, le film bascule dans un film d'action plus classique (mais fort bien filmé) pour suivre la traque d'un Wikus en pleine mutation. Wikus trop lâche, ne deviendra jamais un héros mais sa mutation lui apportera un peu plus d'humanité.
Neill Blomkamp porte un regard sans complaisance sur l'espèce humaine, regard appuyé par une réalisation musclée et sans défaut. Nous sommes sortis de la projection sonnés. On est très loin du film de SF hollywoodien et de ses schémas narratifs éculés et c'est très bien comme ça. District 9 est le film à ne pas rater cette fin d'année.
Le pire dans cette histoire est là : si ces évènements se produisaient, ça se passerait probablement comme ça. Et ça ne donne pas envie de faire confiance à son prochain.
Lire aussi les avis sur Avis de Vicklay, Chronic'Art, Télérama.
10 septembre 2009
Bientôt dans les salles III
Tron Legacy, la suite de Tron, qu'on attendait plus, sortira en décembre 2010 aux USA. Les fans qui ont attendu 28 ans pour une suite (Tron date tout de même de 1982) vont être contents. Jeff Bridges fait encore partie de l'aventure même si l'histoire se focalisera sur le fils de son personnage, fils incarné par Garrett Hedlund (Patrocle dans Troie). Le design original est respecté ... un film déjà kitsch ?
05 septembre 2009
FEFFS
La seconde édition du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg se déroulera du 15 au 20 septembre 2009.
A cette occasion, et comme l'année dernière, deux compétitions Européennes sont ouvertes, en courts et longs métrages de cinéma fantastique, au sens le plus large du terme (fantastique, Horreur, Science-fiction...). Les gagnant se verront remettre ce magnifique Octopus d’or (photo ci-dessous), sculpture réalisée par Nicolas Laty. Le jury est présidé par Roger Corman.
En outre, l'Association strasbourgeoise, Les Films du Spectre, qui est à l'origine de cette manifestation, proposera une nouvelle rétrospective de "Grands Classiques" du genre, ainsi que des conférences, expositions (comme par exemple celle des oeuvres du dessinateur, illustrateur Napolitain Vincenzo Cucca) et ateliers. Pour fêter les trente ans du film Alien, un concours de dessin est aussi organisé sur le thème des Aliens, en référence à la quadrilogie Alien et Alien vs Predator.
Le programme complet des projections est disponible ici. Pour en savoir plus sur l'édition 2009 et les éditions précédentes, vous pouvez consulter le blog ou le site.
Un Octopus
30 août 2009
Inglourious Basterds
Réalisé par Quentin Tarentino
Avec Brad Pitt, Mélanie Laurent, Christoph Waltz, Eli Roth, Diane Kruger, Michael Fassbender, Daniel Brühl, Til Schweiger, Gedeon Burkhard, Mike Myers ...
Synopsis
Dans la France occupée de 1940, Shosanna Dreyfus assiste à l'exécution de sa famille tombée entre les mains du colonel nazi Hans Landa. Shosanna s'échappe de justesse et s'enfuit à Paris où elle se construit une nouvelle identité en devenant exploitante d'une salle de cinéma.
Quelque part ailleurs en Europe, le lieutenant Aldo Raine forme un groupe de soldats juifs américains pour mener des actions punitives particulièrement sanglantes contre les nazis. "Les bâtards", nom sous lequel leurs ennemis vont apprendre à les connaître, se joignent à l'actrice allemande et agent secret Bridget von Hammersmark pour tenter d'éliminer les hauts dignitaires du Troisième Reich. Leurs destins vont se jouer à l'entrée du cinéma où Shosanna est décidée à mettre à exécution une vengeance très personnelle...
Mon avis
Je ne m'attendais pas à ça. Disons le tout net c'est M Lhisbei qui voulait voir ce film. Moi, je n'aime pas les films de guerre et Inglorious Basterds, même réalisé par Quentin Tarentino (dont j'aime bien les films), entrait dans cette catégorie. Je m'attendais donc à un film de guerre ou d'action mais pas à ce film là. L'action est là mais pas tant que ça, la guerre aussi mais pas à la manière traditionnelle dont on l'entend. Inglorious Basterd est plutôt filmé à la manière d'un western avec embuscades et scalps, et longs dialogues entre méchants et gentils autour d'un verre au saloon. Le film est découpé en 5 chapitres et tous ont un ton différent. Le premier chapitre, un long dialogue dont la tension dramatique noue les tripes et qui introduit Hans Landa, le Chasseur de Juifs, est impressionnant. Le découpage en chapitre, par l'ellipse de scènes non essentielles, permet aussi de maintenir le rythme du film. Les acteurs sont bons avec une mention spéciale à Christoph Waltz, en traqueur de juif polyglotte, salaud et sadique. Un point en moins à Brad Pitt qui cabotine un peu trop à mon goût. Les actrices sont excellentes en plus d'être belles, les explosions spectaculaires et la violence filmée sans complaisance ni pudeur excessive (la Tanrentino's touch est bien présente). Et le final est digne d'une belle uchronie ce qui a décuplé mon plaisir.
Lire aussi l'avis de Guillaume.
22 août 2009
Bientôt dans les salles II
Je découvre ça ce matin (oui oui je suis lente à la détente parfois) :
Avatar, un film en 3D qui n'a pas l'air moche, réalisé par James Cameron avec Sam Worthington (le dernier Terminator), Sigourney Weaver, Michelle Rodriguez... La sortie est prévue le 16 décembre 2009 et je peux déjà dire que ce sera mon film de Noël
Visitons aussi le site officiel
21 août 2009
Bientôt dans les salles ?
J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
La bonne d'abord.
Dorian Gray le roman culte d'Oscar Wilde vient d'être adapté par Olivier Parker. Il sortira en Grande-Bretagne le 9 septembre 2009. C'est une bonne nouvelle car on peut espérer, sinon une bonne adaptation, au moins un bon film. Olivier Parker est un bon réalisateur (Othello, Un mari idéal, L'importance d'être constant, St Trinian's...) et Colin Firth (toujours bon) est présent au casting. Dorian Gray est joué par Ben Barnes (Prince Caspian) ... on verra bien. La bande annonce est alléchante
La mauvaise ensuite.
Un quatrième volet de la franchise Underworld est prévu. La date est déjà fixée : le le 21 janvier 2011. Ce qui motive le retour des lycans et des vampires ? Money, money, money. Underworld 3 : le soulèvement des Lycans a été largement rentabilisé : pour un budget de 35 millions de dollars, il en a récolté 91,1 millions durant son exploitation en salle à travers le monde. Et pour couronner le tout, pour que le film soit encore plus moche que le précédent il sera réalisé en ... 3D.
12 juillet 2009
Watchmen - Les Gardiens
Réalisé par Zack Snyder
Avec Jackie Earle Haley, Patrick Wilson, Malin Akerman, Matthew Goode, Billy Crudup, Jeffrey Dean Morgan...
Synopsis
Aventure à la fois complexe et mystérieuse sur plusieurs niveaux, "Watchmen - Les Gardiens" - se passe dans une Amérique alternative de 1985 où les super-héros font partie du quotidien et où l'Horloge de l'Apocalypse -symbole de la tension entre les Etats-Unis et l'Union Soviétique- indique en permanence minuit moins cinq. Lorsque l'un de ses anciens collègues est assassiné, Rorschach, un justicier masqué un peu à plat mais non moins déterminé, va découvrir un complot qui menace de tuer et de discréditer tous les super-héros du passé et du présent. Alors qu'il reprend contact avec son ancienne légion de justiciers -un groupe hétéroclite de super-héros retraités, seul l'un d'entre-eux possède de véritables pouvoirs- Rorschach entrevoit un complot inquiétant et de grande envergure lié à leur passé commun et qui aura des conséquences catastrophiques pour le futur. Leur mission est de protéger l'humanité... Mais qui veille sur ces gardiens ?
Mon avis
Watchmen est une uchronie. C'est déjà un bon point. Le film est réalisé par Zack Snyder dont j'avais aimé l'adaptation de 300. Watchmen est aussi une adaptation d'un excellent comic, pardon, roman graphique de DC Comics signé Alan Moore & Dave Gibbons, seul comic classé par le Time parmi les "100 meilleurs romans en langue anglaise depuis 1923".
C'est donc avec un a priori positif que je suis allée voir ce film (c'était il y a longtemps mais si mon billet peut vous donner envie de le voir en DVD ou Blue-ray...)
1985, les USA ont gagné la guerre du Vietnam, Nixon entame un cinquième mandat, la guerre froide est à son paroxysme et le monde est à 5 minutes d'une apocalypse atomique. Depuis les années 30 des super-héros font régner l'ordre et la justice (celle du gouvernement of course), matent les insurrections, gagnent les guerre pour le compte des USA. Leurs noms ? Rorschach, Le Hibou, Le Spectre Soyeux, Ozymandias, Dr Manhattan, Le Comédien... Tous sauf le Dr Manhattan (un scientifique dont l'expérience a mal tourné) sont des super-héros de père en fils et n'ont pas de réelles facultés hors du commun. Mais le gouvernement a fini par les mettre à la retraite sous la pression des électeurs qui demandaient des comptes. Seul le Dr Manhattan continue de travailler pour l'état... Jusqu'au jour où l'un des retraités se fait assassiner. Et là hop de multiples théories du complot s'enchaînent pour mieux perdre le spectateur. Qui est un « bon » ? Qui est un « méchant » ? Qui veut la peau des Watchmen ? Leur peau vaut-elle la peine d'être sauvée d'ailleurs ?
Le début est un peu difficile à suivre. Pendant la première demi-heure les flash-backs se succèdent pour poser le contexte, ancrer le spectateur dans cette réalité alternative. C'est un peu long et cela semble fastidieux mais ils sont indispensables à la bonne compréhension du reste du film. Ensuite les 2h10 restantes passent très très vite. Et l'a priori positif se transforme en avis positif tout court. Ce film, qui change des films de super-héros classiques alignant les clichés, est à voir impérativement.
Absolument.























