Miscellanées de nouvelles (1)
Quatre nouvelles au menu aujourd'hui (qui a pensé entrée, plat, fromage et dessert ?)
Averse cosmique de Jean-Jacques Nguyen, parue gratuitement sur le blog Bélial en avril (précédente parution dans Bifrost n° 13) et lue en ebook (30 pages en format epub) pendant le Read A Thon. Un texte intéressant d'un auteur que je ne connaissais pas. Sans vouloir en dire trop elle dépeint un monde où une compagnie privée s'est taillée la part du lion dans la conquête spatiale à l'échelle galactique. Mais la découverte d'un artefact d'une civilisarion inconnue pourrait tout faire basculer. Portée par un très beau personnage principal, la nouvelle est surprenante, presque militante dans sa prise de position. Voila pour l'entrée.
Passons au plat principal avec Je suis l'ennemi de Thomas Day, parue aussi au Bélial dans le Bifrost n°8 et disponible gratuitement en mai sur le blog du Bélial ou en téléchargement (ebook de 25 pages au format epub) pour fêter la sortie de Daemone de Thomas Day (une réécriture de son roman Les Cinq Derniers Contrats de Daemon Eraser). Au passage allez lire l'avis de Cachou sur Daemone, ça ne vous coutera que quelques minutes... Je n'ai jamais été déçue par les nouvelles de Thomas Day et celle-ci ne fait pas exception à la règle. Nous faisons connaissance avec un personnage énigmatique, Johnny (quel drôle de prénom), tueur dont l'humanité semble avoir disparu au sens propre comme au figuré...
Il est temps de passer au fromage avec La dette, une nouvelle de Thomas Geha située dans l'univers du Sabre de Sang, offerte aux lecteurs pour la sortie du deuxième tome du Sabre de sang (lu ebook de 14 pages en format epub). Je n'ai pas lu les romans de Thomas Geha mais cela ne m'a pas empêchée d'apprécier ce court texte, fort et ineluctable.
Comme j'ai gardé le meilleur (encore que, ici, le repas était digne d'un restaurant étoilé) pour la fin (le dessert est un moment sacré pour moi).... avec Le jardin des silences de Mélanie Fazi, ebook de 22 pages en format epub, paru dans le numéro 3 d'Angle Mort. Une histoire de fantômes ; une histoire d'amour, de mort et de regret ; une histoire où le passé revient hanter (ou apaiser ?) une jeune femme. Le fantastique s'installe par petites touches, avec délicatesse dans la douceur d'un jardin.
Bon appétit.
Angle Mort n°3
Le numéro 3 d'Angle Mort est arrivé le 1er mai.
Au sommaire :
– « Le jardin des silences » de Mélanie Fazi
– « Comme les femmes se battent » de Sara Genge (à paraître le 23 mai 2011)
– « Œuvre vécu d’Athanase Stedelijk, une monographie » de Léo Henry (à paraître le 12 juin 2011)
– « Mêlée » de Kij Johnson (à paraître le 4 juillet 2011)
Achetez le numéro complet pour €2.99 seulement, enrichi d'interviews exclusives des auteurs.
Les nouvelles apparaîssent gratuitement en ligne sur Angle Mort au rythme d'un toutes les trois semaines, à commencer par l'édito et « Le jardin des silences » de Mélanie Fazi mis en ligne le 1er mai.
Onirismes #01
Le premier numéro d'Onirismes vient de paraître. Onirismes est un webzine bilingue (français - anglais), spécialisé dans la publication de nouvelles de fiction et de poésie, relevant des littératures de l'Imaginaire (fantasy, fantastique, science-fiction, et variations interstitielles diverses).
Au sommaire
- Editorial (anglais)
- Editorial (français)
- « The Prophet's Daughters » by Michael J. DeLuca
- Interview - Michael J. DeLuca (anglais)
- « Les filles de la prophétesse » par Michael J. DeLuca
- Interview - Michael J. DeLuca (français)
- « A Map of the World on the Shell of a Snail » by Lavie Tidhar
- Interview - Lavie Tidhar(anglais)
- « L'escargot qui portait un monde sur son dos » par Lavie Tidhar
- Interview - Lavie Tidhar (français)
- « Cendres de l'une » par Claude Mamier
- Interview - Claude Mamier (français)
- « She in Ashes » by Claude Mamier
- Interview - Claude Mamier (anglais)
- Remerciements
- Credits & Thanks
N'oubliez pas l'appel à textes permanent. Retouvez toutes les informations sur le site d'Onirismes.
Les Enfants de Mercure
De Stephen Baxter
Le Bélial' - 28 pages en Epub ou Pdf
Tous les mois Le Bélial' propose sur son blog une nouvelle à lire en direct ou à télécharger gratuitement. Ce mois-ci, pour faire patienter les lecteurs jusqu'à la sortie de Flux, le prochain roman de Stephen Baxter, l'éditeur propose un des nouvelles de ce dernier : Les enfants de Mercure. Pour moi qui n'ai jamais lu Stephen Baxter et qui n'attend pas la sortie de ce roman c'est aussi et surtout l'occasion de découvrir un auteur. Et dans le cas de Stephen Baxter, de me dire que je suis, encore une fois (comme pour Ugo Bellagamba), passée à côté d'un très bon auteur de SF... si toute la production de Baxter est de la qualité ce cette nouvelle-là (et les fans de l'auteur nous affirmerons que c'est le cas).
Nous sommes sur Mercure où une forme de vie s'est développée dans les entrailles de la planète. Cils d'Or et sa tribu doivent quitter leur territoire qui se meurt pour un autre plus hospitalier. Cela représente un long chemin et des combats (y compris intérieurs) à mener. Parallèlement les êtres humains ont décidé de faire de Mercure une base scientifique avancée. J'en ai déjà dit beaucoup mais c'est pour tenter de montrer que malgré sa taille, la nouvelle est riche : deux fils narratifs, au moins trois enjeux de taille pour les protagonistes et une conclusion impressionnante. Les personnages humains ou non humains sont parfaitement dessinés. La nouvelle se dévore d'une traite laissant le lecteur émerveillé. Respect Mr Baxter !
Parue dans Bifrost n°8, cette nouvelle peut être téléchargée gratuitement en PDF ou en ePub (le fichier est impeccable) ou lue en ligne sur le blog du Bélial' et, ce, jusqu'au 31 mars.
Lire aussi l'avis (dithyrambique) de Gromovar.
La Cité du Soleil et autres récits héliotropes
La Cité du Soleil et autres récits héliotropes
de Ugo Bellagamba
Le Bélial - 200 pages (ebook)
La nouvelle Quand il y aura des pommiers sur Mars m’avait donné envie de pousser un peu plus loin la découverte des écrits d’Ugo Bellagamba. Quand je me suis procuré La Cité du Soleil et autres récits héliotropes, un recueil de nouvelles (de novellas plutôt vue leur taille), j’avais surtout intention de lire L’Apopis républicain, une uchronie, pour le Challenge Winter Time Travel. Comme je suis une lectrice assez traditionnelle, plutôt que d’ouvrir l'ebook directement sur cette nouvelle, j’ai commencé par le commencement et, donc, par la nouvelle qui ouvre le recueil et lui donne son titre : La Cité du Soleil. Et, sans que je m’y attende le moins du monde… paf ! Coup de foudre immédiat pour ce texte. Coup de cœur qui m’a même empêchée un temps de continuer la lecture des autres nouvelles. Maintenant que je suis en train de rédiger cette chronique il me faut arriver à mettre en mot ce coup de foudre et tenter de comprendre et d’expliquer pourquoi il est survenu. Accrochez-vous parce que ce billet ne va pas faire court.
Les trois textes sont très différents mais ont un point commun: ils portent et transportent le lecteur, malgré leurs défauts. Je ne vois pas comment le dire autrement. Je ne parlerai pas de SF optimiste ou idéaliste mais nous n'en sommes pas loin. Dans La Cité du Soleil Laura, professeur, part sur les traces de Paul, son petit ami, disparu soudainement. Paul travaillait sur l'utopie écrite par Tommaso Campanella durant un séjour en prison en 1602. Dans ce texte intitulé La Cité du Soleil Campanella décrit une cité idéale, parfaitement gérée. Paul croit que cette cité existe et décide de la trouver (et non pas de la chercher tant sa conviction est profonde). La Cité du Soleil est une recherche de l'utopie non comme oeuvre de l'esprit mais comme idéal de vie et, mieux encore, comme une réalité accessible. La nouvelle se centre sur Laura et sa quête de son amour perdu, quête qui se transforme peu à peu en recherche de la cité mythique. Le personnage de Laura, bien dessiné, facilite l'identification (encore faut-il être une femme me direz-vous...) et certaines de ses réactions sont parfaitement crédibles (la sortie de l'autoroute). Le défaut de ce texte réside dans les personnages secondaires qui sont inexistants (Paul est un fantôme) ou qui parasitent de l'histoire (le chargé de cours est bien trop envahissant même si son rôle l'exige un peu). Les passages explicatifs du texte de Campanella enrichissent le texte sans l'alourdir. Vraiment c'est un coup de coeur.
J'ai eu plus de difficultés à rentrer dans L’Apopis républicain une uchronie napoléonienne qui se déroule au 22ème siècle. La nouvelle m'a parue plus lente à démarrer même si elle s'avère riche et passionnante une fois lancée. Napoléon a fondé une dynastie basé sur le panthéon égyptien. L'Aiglon, prince héritier, voyage à bord du Champollion, en direction de Titan. A bord se sont embarqués deux Républicains fomentant un coup d'état pour renverser le pouvoir en place et instaurer la démocratie qui manque tant à leur pays. La mission de l'un d'entre eux est d'assassiner l'Aiglon. Une découverte sur Titan va cependant faire douter Giordano Trismegista du bien fondé de la démarche... Dans un décor space-pera à l'esthétique égyptisante, le lecteur est transporté dans une lutte pour la répartition du pouvoir, pour la liberté, l'éducation, pour un idéal de vie à nouveau. Ugo Bellagamba évite l'écueil du manichéisme et offre au lecteur un texte riche de sens.
La troisième nouvelle, Dernier filament pour Andromède, nous emmène encore plus loin dans le futur et dans l'espace. L'entropie gagne du terrain et les Archontes, des entités immatérielles d'une civilisation avancée, se sont donnés pour mission d'accompagner la fin de l'univers. Las ! Les Hu, gardiens de la mémoire universelle ne sont pas prêts à se laisser faire. Hu-Jon, nouveau gardien de la Mnémothèque se retrouve, un peu malgré lui, héros d'une mission de sauvetage particulière. Le texte n'est pas facile d'accès à cause du changement d'échelle (temps et distance) et de la nature des entités présentées ici (Hu ou Archontes). Le lecteur a besoin d'un temps d'adaptation pour prendre de nouveaux repères et apprécier ce texte à sa juste valeur. Ici la connaissance est le moteur et l'arme la plus puissante pour lutter et survivre, arme qui pourrait permettre une renaissance de tout un peuple condamné par les convictions d'un autre, plus puissant. Encore une recherche d'idéal et un texte magnifique même si plus difficile d'accès que les deux précédents. Par contre le fichier de cette nouvelle est émaillé de coquilles (des virgules suivies de majuscules, "Mon" à la place de "Non" à plusieurs reprises, un "e" accentué à tort, un "M" pour "il" etc).
La préface élogieuse de Thomas Day est un plaisir de lecture supplémentaire. C'est donc un coup de coeur pour la totalité de ce recueil et un coup de foudre pour la nouvelle La Cité du Soleil.
Une seule chose manque dans cet ebook : la quatrième de couverture. Je me rends compte que ma façon de lire un ebook ne diffère guère de la lecture d'un livre "papier" (sauf que je n'écris pas sur mes livres alors que j'annote mes ebooks).
- Lire aussi les avis de ActuSF, Laurent Kloetzer, Gromovar, Pitivier, Les vagabonds du rêve.

Challenge Winter Time Travel.
Le Cimetière des toucans
de Francis Berthelot
Le Bélial' - 15 pages en Epub ou Pdf
Quentin, sculpteur, vit en ermite à la lisière du sinistre bois de Bered-Maa depuis le décès de sa femme et de son fils. Dans son art, il cherche l'oubli. Ses sculptures, très appréciées des villageois, le deviennent encore un peu plus lorsqu'il leur apporte de nouvelles créations, taillées dans une pierre inconnue.
Je ne suis pas familière de la plume de Francis Berthelot mais la nouvelle lue dans 69 m'avait donné envie de découvrir l'auteur ; ce qui s'était traduit à l'époque par un certain nombre de nouveaux livres dans la PAL (Bibliothèque de l'Entre-Mondes, un essai et Forêts secrètes, un recueil de nouvelles pour être exact). Le Belial' et ma liseuse me donnent aujourd'hui l'occasion de croiser à nouveau la plume de Francis Berthelot. Comme je mentionnais le texte paru dans 69 signalons tout de suite que Le cimetière des toucans lui est diamétralement opposé. Ici, point de jeu de séduction entre personnages testostéronés dans un péplum sanguinaire, mais le destin d'homme brisé dont l'amour de l'art est devenu la seule raison de vivre. Le cimetière des toucans se révèle être une fable tragique sur la création, la destruction et l'ambivalence de l'humanité, fable portée par un style tout en finesse, empreint de poésie et de douceur.
Je ne vous en dis pas plus. La nouvelle est courte et je ne souhaite ni déflorer son contenu ni vous gâcher la lecture. Parue dans Bifrost n° 42 et dans l'anthologie (Pro)Créations, cette nouvelle peut être téléchargée gratuitement en PDF ou en ePub (le fichier est impeccable) ou lue en ligne sur le blog du Bélial' et, ce, jusqu'au 28 février. Dépêchez-vous en mars il sera trop tard...
La Montre Karmique
De Bernard Werber
Albin Michel - 32 pages Pdf ou Epub
Au grand regret de Mr Lhisbei, je viens de faire l'acquisition d'une liseuse électronique - à un prix imbattable grâce à une chaîne d'hypermarchés qui n'arrivait pas à écouler ses stocks. Cet achat a été motivé par la curiosité (le livre électronique est-il vraiment une révolution ?) et par le prix (moins de 50 euros pour la liseuse). Je n'envisage pas de changer radicalement mes habitudes de lecture (ou de "consommation" de livres). Je me suis fixée une ligne éthique : ne lire, sur la liseuse, que des ouvrages tombés dans le domaine public (un livre papier ne rémunère plus l'auteur ni ses ayant-droits) ou des œuvres proposées gratuitement au téléchargement numérique par les auteurs eux-mêmes (ou tout du moins avec leur accord). La Montre Karmique de Bernard Werber fait partie de cette seconde catégorie et c'est l'occasion de découvrir l'auteur (je n'ai pas tenu plus de 50 pages à la lecture du Papillon des étoiles).
La Montre Karmique est une courte nouvelle centrée sur le personnage de Thomas Cicelli, un agent d'assurance banal. Il a fait l'acquisition d'une montre karmique qui lui permet de mesurer son karma et de savoir en quoi il sera réincarné après sa mort. Un matin, au réveil, c'est l'horreur : sa montre indique que son karma est passé de 451 à 388. C'est la réincarnation en animal assurée, en chat probablement. Thomas se tourne donc vers un karmologue pour tenter de retrouver une chance de dépasser la barre des 400 et de se réincarner en être humain.
Avouons-le tout de suite je suis agréablement surprise par cette nouvelle (en même temps quand on s'attend au pire...). Certes l'histoire est un peu prévisible et la fin un tantinet moralisatrice. Mais le thème (karma et réincarnation) est correctement traité et le personnage de Thomas inspire la sympathie. La nouvelle n'a pas de quoi déchainer les foules mais elle se laisse lire. Par contre la mise en page du format Epub est à revoir (avec la liseuse les défauts ne pardonnent pas) : les tirets longs matérialisant les dialogues sont régulièrement oubliés. C'est agaçant et, surtout, cela gène la lecture. Le format Pdf ne connait pas ce désagrément.
Lire aussi les avis de Vioco, Anamorphoseum, Le Bouquinovore modéré. Pour télécharger gratuitement La Montre Karmique en format PDF ou Epub cliquez ici.
Angle Mort n°2
Dégainez vos
liseuses, sortez vos portables, allumez vos écrans – le numéro 2 d'Angle
Mort est arrivé le 1er février !
Au sommaire :
– « Pragmata », de David Calvo
– « Véelles », d'Adam-Troy Castro (traduction: Patrick Marcel)
– « L'écran suivant », d'André Ourednik
– « La maison derrière le ciel », de Benjamin Rosenbaum (traduction:
Florence Dolisi)
Achetez le numéro complet pour €2.99 seulement, enrichi d'interviews
exclusives des auteurs.
Les nouvelles apparaîtront aussi gratuitement en ligne sur Angle Mort au rythme d'un toutes les trois semaines, à commencer par l'édito et
« Pragmata» de David Calvo, le 1er février.
Ils ont rejoint ma PAL (5)
J'ai craqué, honteusement craqué pour les soldes sur un gros site marchand dont je tairai le nom ici de peur de vous corrompre aussi.
Il y a donc Les nombreuses vies de Dracula d'André-François Ruaud & Isabelle Ballester, L'accroissement mathématique du plaisir de Catherine Dufour, Les Contes de crimes de Pierre Dubois et Freakshow ! de Xavier Mauméjean. J'attends aussi de récupérer un exemplaire de CLEER de L&L Kloetzer chez mon libraire préféré.
Et pire encore voici ce qui vient de faire son entrée dans mon quotidien de lecture (et je peux vous dire que l'essayer c'est l'adopter) :
Une liseuse électronique (un reader pour les "in"). Pas THE reader non, c'est une liseuse moyenne gamme, mais un nouveau joujou acheté pas cher qui me permettra de découvrir un peu plus en détail le livre numérique (pardon Mr Lhisbei).
Ce n'est pas comme ça que l'opération KillPal va avancer, je sais, mais... sachez que les combinaisons jaunes se multiplient, que les renforts arrivent : des Kill Pal(euses) de choc et de charme sont prêtes à en découdre avec leur PAL. On applaudit bien fort : Acro la killeuse de MEL, Eirilys et son fauteuil arme de destruction de PAL et Valériane et ses méga-PAL .
La tune dans le caniveau
Dans quoi suis-je allée me fourrer ? Vous avez déjà vu des films américains où le personnage principal, sur un malentendu, se retrouvait dans des situations improbables dont les enjeux le dépassait rapidement ? En ouvrant un simple message de ma boite mail c'est un peu ce qu'il m'est arrivé. Le message en question, émanant d'Isabelle Crouzet m'informait de l'existence d'un concours organisé par Therry Crouzet, concours qui permettait de découvrir (gratuitement) sa nouvelle, La tune dans le caniveau au format numérique, de la chroniquer, et peut-être de gagner une liseuse Cybook Orizon. Chouette alors ! Un concours. J'aime les concours (d'ailleurs j'ai joué à celui de Lelf pas plus tard que samedi). Et comme le mail promettait une nouvelle d’une trentaine de pages dont l’action se déroule dans un futur proche, en pleine grève générale et fleurait bon l'anticipation sociale ou politique je n'ai pas réfléchi longtemps… Isabelle me signalait en outre que Ferocias avait lu et chroniqué la nouvelle. See Mee ayant abondamment commenté le billet je me suis dit qu'il fallait creuser un peu. (et Tortoise’ en parle aussi). Et puis le titre me rappelait La lune dans le caniveau alors...
J'ai donc téléchargé et lu ce texte que je vais m'efforcer de chroniquer. Cependant je me rends compte qu'ainsi je deviens la victime consentante d'une "expérience inédite" d'édition numérique (sans DRM ouf!), de marketing "viral" et de buzz sur la toile. Tout ça pour gagner une liseuse électronique, ce qui pourrait constituer un acte militant or je n'ai pas encore suffisamment réfléchi à l'édition numérique et son impact sur l'édition actuelle (et sur la lectrice que je suis) pour prendre une position claire. Pour autant je vais tout de même chroniquer La tune dans le caniveau. Je suis faible et matérialiste.
La tune dans le caniveau est donc un "livre" électronique à lire sur liseuse ou sur le PC en .pdf. Je ne suis pas une fan de la lecture en .pdf même si, à cause du boulot, j'ai pris l'habitude d'en lire un paquet. Ici la surprise est grande : la taille de la police est énorme et la maquette est très différente de ce que je connais (les marges sont pratiquement absentes). J'ai presque l'impression de lire un roman "grands caractères" ... ce qui déstabilise au début. L'avantage c'est que le texte défile vite et les 60 pages sont vite avalées. Je m'interroge aussi sur l'utilité d'avoir une couverture, identique aux modèles des livres papier, pour une version électronique. Besoin d'un point de repère ? De rassurer le lecteur ?
Sur le fond j'avoue que je n'ai pas totalement accroché à cette anticipation sociale avec grève générale, révolte, insurrection, et pauvres vs riches et un leader charismatique et un peu fou qui se perd dans le réseau, le virtuel, et sa fille qui cherche, malgré tout, à l'atteindre. Pourquoi ? Essentiellement parce qu'elle est trop condensée. Il y a trop de thématiques abordées ou le format est trop court, au choix. Le cadre est posé trop rapidement et le lecteur est saturé d'information presque à chaque phrase sans pour autant avoir le temps de les assimiler. Ce genre de phrase est d'ailleurs très représentatif :
"Le réseau Vortex, une myriade de broyeurs souterrains reliés à une nuée de séparateurs isotopiques capables de produire des nanoparticules directement assimilables par les imprimantes 3D." Vous n'en saurez pas plus sur les imprimantes 3D (sauf un peu plus loin où l'auteur vous apprendra qu'un personnage porte "des tennis fabriquées par une imprimante 3D").
Les personnages se retrouvent vite à l'étroit et ne peuvent exprimer tout le potentiel qu'ils recèlent. L'univers proposé par Thierry Crouzet n'est donc jamais devenu concret ou réel pour moi. Ce qui a eu pour corollaire de me faire décrocher assez vite de la philosophie ou de la réflexion portées par ce texte et m'a amené à lire les dernières pages en diagonale pour tomber sur le type de fin que je déteste le plus : une fin très ouverte avec pirouette et l'impression que le texte finit en queue de poisson. La lecture a donc généré plus de frustration que de plaisir même si les thématiques abordées m'intéressent beaucoup.
Il est encore trop tôt pour tirer un bilan de cette expérience et de ce qu'elle m'a apporté. Je suis aussi très curieuse de voir quel bilan va tirer Thierry Crouzet de son expérience inédite. Je vous invite vous aussi à tenter l'aventure en lisant La tune dans le caniveau.




















