Angle Mort n°6
Angle Mort poursuit l’aventure avec quatre textes dans ce numéro : « Glamour Über Alles », cauchemar comico-fantastique qui révèle l’envers du décor hollywoodien version Éric Holstein ; « Pacmandu », plongée dans le patrimoine mythique des jeux vidéos, pièce de SF moderne et geeky de Lavie Tidhar ; « Resolute Bay », récit brut, incisif et glacial dans l’univers de Lucia Renart, une nouvelle auteure à découvrir ; « Les mains de son mari », nouveau texte d’Adam-Troy Castro qui part de prémisses horrifiques pour composer une science-fiction aux limites de l’absurde.
Pour prendre le contre-pied d’une année prétendument apocalyptique, l’édito de Sébastien Cevey et Laurent Queyssi, « Mutation », évoque un monde utopique où la littérature serait à nouveau le centre
d’attention du monde. De quoi faire rêver.
Comme d’habitude, nous vous invitons à acheter le numéro complet pour soutenir la revue. À 2.99€ seulement pour plus de cent pages de fiction (formats PDF, EPUB et Kindle, sans DRM), avec en bonus des interviews exclusives des auteurs, c’est un coup de pouce accessible !
L’édito et le premier texte sont disponibles gratuitement sur le site depuis le 17 février.
Miscellanées de nouvelles (3)
Les nouvelles sont probablement ce que je trouve le plus facilement en ebook à un prix raisonnable (voire gratuitement). Grâce notamment au Bélial' et à Angle Mort (que nous remercions au passage). Pour cette troisième édition du vrac de nouvelles, je ne déroge pas à la règle du menu : entrée, plat, fromage et dessert.
Commençons donc par « L'Aventure de la cité ultime » de Sylvie Denis, nouvelle offerte au téléchargement par Le Bélial jusqu'au 31 janvier 2012 (oui, le 31 c'est aujourd'hui, j'ai trop traîné à rédiger ce billet). Sherlock Holmes et le docteur Watson se retrouvent à enquêter sur des meurtres sur une colonie lunaire, dernier refuge de l'humanité en 12 563. Tous les codes sont respectés et, si ce n'est le décalage temporel, on pourrait croire que cette nouvelle est de la plume de Sir Arthur Conan Doyle. De la contrefaçon de haut vol et qui ne mérite pour punition que d'être lue. Une belle mise en bouche.
Passons maintenant au plat principal du menu du jour. « Chimères » de Ugo Bellagamba reçu le prix Rosny aîné de la nouvelle en 2005 et se télécharge pour la modique somme de 2,99€ sur le site de l'éditeur. Mon premier achat d'ebook (et oui, la phase de transition est en cours). Et aucun regret. Sur trois générations de femmes - Ugo Bellagamba aime les personnages féminins on dirait, et elles le lui rendent bien - nous assistons à la colonisation d'une planète hostile et réfractaire. Trois destins de femmes, trois récits intenses mettant en scène des métamorphes protecteurs. Sur un schéma classique - naissance, vie et mort d'une espèce artificielle - Ugo Bellagamba offre un texte dense, passionnant, puissant et évocateur. Encore une fois, je suis charmée par la plume de Ugo Bellagamba. A mettre dans toutes les mains.
Continuons avec « L'IA qui écrivait des romans d'amour » d'Olivier Paquet parue dans Angle Mort n°5. Ancholie est la première de son espèce : un super-calculateur expérimental qui doit voir ses capacités augmentées grâce un accès à la conscience. Cette accès se double chez elle (oui finalement elle est genrée cette IA même si on ne sait pas très bien pourquoi) d'une propension à écrire un roman d'amour. L’IA est très froide dans ses raisonnements, n'éprouve aucun sentiments (ce qui l'oppose à l'humain qui s'y est attaché) et c’est parfaitement ce qu’on attend d’une IA. Pas d'émotions pour la machine mais le lecteur, lui, n'est pas épargné.
En guise de dessert (gourmand le dessert), « Mortelles ritournelles » de Greg Egan, nouvelle extraite du recueil Océanique. Michael Underwood, consultant en musique créative pour l'Usine à Inspiration (si, si) choisit et agence la musique des pubs. Mélomane averti mais frustré par son travail, il ne sait pas encore qu'il signe un pacte avec le diable en acceptant la proposition de John Halbright. Ce dernier a conçu un modèle mathématique capable de fabriquer des mélodies inoubliables. Tellement inoubliables qu'elles en deviennent mortelles. Un texte qui, sur une l'idée simple, fascine. Un extrait pour la peine.
« Song to the siren de This Mortal Coil déferla dans son crâne comme de l'argent liquide, effaçant la pièce, son corps et toutes les indignités de la journée. Il avait l'impression de flotter, désincarné dans l'obscurité vibrante, son âme entrant en résonance avec chaque note, tandis que la voix insupportablement douce de la chanteuse le plongeait dans des flammes fraîches, translucides et purificatrices.
Ce rituel de chaque soir représentait bien plus pour lui que le plaisir de la musique en elle-même. Il avait désespérément besoin d'être rassuré : même si son métier exigeait qu'il la traite comme un instrument de psychologie marketing parmi tant d'autres, une partie de lui demeurait capable de l'apprécier en tant que telle. Une partie de lui pouvait encore être touchée. »
Ils ont rejoint ma PAL (17)
Bon d'accord j'ai déjà fait une entrée en PAL (avec 9 livres tout de même) ce mois-ci (même que c'était il y a *seulement* deux jours). Mais il ne s'agissait que des entrées en PAL d'une journée en particulier (*sifflote*). Avant ce jour-là j'avais déjà fait grimper la PAL mais sans vous le dire (*sifflote toujours*). Alors grand déballage pas plus tard que maintenant, là, tout de suite.
Trouvé dans un vide-grenier mensuel : Kalimantan de Lucius Shepard (non Shepard n'est pas devenu une obsession) :
Trouvées en ebooks (téléchargement gratuit) les nouvelles suivantes : « Mortelles ritournelles » de Greg Egan, « L'aventure de la cité utltime » de Sylvie Denis et « L'IA qui écrivait des romans d'amour » d'Olivier Paquet. Elles sont lues et je devrais (si ma crise de flemmingite aiguë passe - parce que là elle dure la bougresse) en reparler bientôt.
Et acheté en version ebook : Sanshôdô - La voie des trois vérités de Jean Millemann.
Et non je n'ia même plus honte de ma PAL.
La morsure de la passion
De Michele Hauf
Harlequin - 271 pages
Parfois il me prend des idées bizarres. Faire de cet ebook Harlequin Bit Lit une lecture commune en est une. Et l'idée et encore plus saugrenue quand on connaît mon attrait pour la Bit Lit, pour la romance et pour les clichés. Trois ingrédients majeurs de cet Harlequin-là.
Les ingrédients de la Bit Lit :
1/ un vampire, Nikolaus Drake (admirons au passage la construction du nom du personnage avec ses k rugueux (slaves ?) et son Drake qui rappelle Vlad) : beau et sexy (genre Pattinson mais en plus viril puisque tatoué), chef de bande tribu intelligent et charismatique (parce que le vampire est un être sociable c'est bien connu et la tribu des Kilas en est la preuve vivante)
2/ Ravin Crosse (quel prénom original ! pas étonnant que Drake ne cesse de l'appeler mon chou) une sorcière puissante et tueuse de vampire en sus : sale caractère mais mignonne (genre Buffy en plus âgée, de 200 ans pour être précise)
3/ le Diable : machiavélique (normal), qui sent le soufre (normal aussi) et qui s'incarne en Johnny Depp le plus souvent (preuve que Michele Hauf a, au moins, bon goût). Seul personnage auquel on s'attache un peu (son côté punk probablement) mais dont la machination (extrêmement alambiquée pour obtenir un résultat assez insignifiant au final) nous fait dire qu'il a vraiment une éternité à perdre...
4/ des loups-garous : rivaux des vampires mais qui font de la figuration-alibi jusqu'à la fin où il servent enfin à quelque chose (et à mettre en valeur les talents de leader éclairé de notre Drake) ...
5/ un vampire plus âgé, plus sanguinaire, qui veut être calife à la place du calife (mais bon il est un peu stupide et c'est à se demander comment il a pu survivre aussi longtemps) et baptisé Truvin (*soupir*) Stone.
6/ un philtre d'amour sinon ce ne serait pas drôle.
Les ingrédients de la romance : Ravin part en chasse et blesse Drake qui survit malgré de graves blessures. Il devient donc un phénix, c'est-à-dire « un vampire qui avait su renaître de ses cendres » (toutes les lectrices n'ont pas accès à Wikipedia et, quand bien même, avec les homonymes autant prendre des précautions) ce qui en fait un vampire surpuissant, presque invincible. Il fait irruption dans l'appartement de Ravin pour la tuer mais cette dernière ingurgite par mégarde (si, si, si !) le philtre d'amour qu'elle préparait pour s'acquitter d'une dette envers le diable (elle a pactisé avec Satan pour obtenir un pouvoir magique supplémentaire). Drake boit son sang, sang contaminé par le philtre et tombe instantanément amoureux de Ravin. S'en suit un jeu de "je l'aime ? M'aime-t-il ? Mon dieu ce n'est pas bien de l'aimer ? il va me détester quand l'effet du philtre ce sera estompé". Bien sûr les effets d'un philtre d'amour ne sont pas éternels... L'amour triomphera-t-il ? Ne faites pas une crise cardiaque... n'oubliez pas que c'est un Harlequin donc oui, l'amour se joue de tous les obstacles et le mot "end" est précédé de "happy".
Les ingrédients des clichés : trop nombreux pour être listés y compris dans les scènes de galipettes. Le roman n'est qu'une longue suite de stéréotypes mais le pire est d'arriver à transformer une femme indépendante et forte en midinette prête à tout sacrifier (tout équivalant ici à 200 ans d'une vie libre) pour pouvoir vivre heureuse et avoir beaucoup d'enfants avec l'être aimé. Un extrait pour vous donner une idée de la force de l'Amour :
« Il posa une main sur son ventre et sentit les battements affolés de son cœur. Elle n’avait rien à craindre de lui… Mais où était passée l’intrépide tueuse de vampires ?
Et à ce propos, qu’était donc devenu le phénix qui était prêt à tout pour éliminer la tueuse ?
Maudit philtre ! Nikolaus se vit en train d’emporter la sorcière sur ses épaules pour la mettre au bûcher.
Il imaginait sans peine la scène, mais c’était son cœur désormais qui commandait. Et qui lui dictait de chercher à connaître la femme qui se cachait derrière la sorcière et de l’aimer pour elle-même. »
Par moments, j'ai eu l'impression que Michele Hauf maîtrisait bien les codes du genre vampirique et notamment l'oeuvre d'Anne Rice puisqu'elle mentionne la Nouvelle Orléans à deux reprises (et la seconde ressemble à un tacle) :
« La tribu des kilas était petite mais pas stupide. Nikolaus l'avait prudemment tenue éloignée de New York, de Miami ou de La Nouvelle Orléans, les plus grands berceaux de vampires. »
« D'où ce vampire s'était-il échappé ? De l'asile le plus proche sûrement ? A sa connaissance, tous les vampires cinglés étaient partis pour La Nouvelle Orléans. »
J'ai aussi parfois l'impression que la relation Drake Truvin présentait des similitudes avec celle qui unissait Lestat/Louis mais je me fais peut-être des idées. Aurais-je trop lu Anne Rice ?
Du côté du style c'est assez plat même si, a priori, le roman a l'air correctement traduit. J'ai été surprise de la construction du roman qui intégre un flash-back alors que je m'attendais à une construction linéaire (souvenir de précédentes lectures lors d'un été désoeuvré et, surtout, très pluvieux). Mais globalement ce bouquin reste sans grand intérêt et n'apporte rien au genre fantastique. Michele Hauf nous propose de la Romance with Bite. Ce sera sans moi.
- Lire aussi les avis de Val, Gromovar, Cédric Jeanneret, Angua,
L'Homme qui peignit le dragon Griaule
L'Homme qui peignit le dragon Griaule
De Lucius Shepard
Ebook (Epub) - 41 pages
Pour patienter d'ici le 22 septembre, date de parution du Dragon Griaule, le Bélial' met à disposition redécouvrir) la première nouvelle du recueil : L'Homme qui peignit le dragon Griaule. Cette nouvelle n'est pas inédite (voir ici) mais elle a bénéficié d'une nouvelle traduction signée Jean-Daniel Brèque. La nouvelle peut se lire sur le blog Bifrost ou se télécharger gratuitement en format ePub ou pdf jusqu'au 30 septembre 2011.
Les cadeaux mensuels du Bélial', ma liseuse les aime. Et, moi, depuis que j'ai découvert (il m'en a fallu du temps) Lucius Shepard dans l'anthologie Utopiales 2010, je commence à faire des provisions pour l'hiver : Aztechs a rejoint ma PAL et, sur le forum du Bélial, je surveille depuis un moment le fil consacré au Dragon Griaule. J'ai donc téléchargé sans tarder cette nouvelle proposée par l'éditeur. Ma liseuse m'a chaleureusement remerciée. Et je remercie chaleureusement l'éditeur pour cette initiative. Éditeur qui sera peut être content de savoir qu'il aura un lecteur (et un acheteur) de plus pour ce recueil (encore qu'il a le droit de s'en fiche comme de la chute de ma première dent de lait), parce qu'après lecture, je peux vous dire qu'il me FAUT le Dragon Griaule. Ce n'est pas « Oh ! J'ai bien envie de lire ce livre » c'est « §*%$%*§$ ! Ce texte est magnifique. Il me faut ce recueil ! Il sort quand ? Quoi ! Le 22 septembre ? Arghhh ! Il est où l'éditeur que je l'étrangle ! ». Vous l'avez compris attendre la sortie du livre va être un supplice, un loooooooooooooooong supplice.
De quoi ça cause L'Homme qui peignit le dragon Griaule ? D'un homme qui a peint le dragon Griaule, Griaule n'étant pas une espèce de dragon mais bien son nom. Le titre ne ment pas mais résumer l'histoire de cette nouvelle à son titre est on ne peut plus réducteur. Si nous avons bien l'histoire de la vie d'un homme qui défile dans ces pages, vie racontée par des tiers, avec ce qu'elle comporte de moments forts, nous avons aussi et surtout, en creux, le portrait du dragon, véritable "héros" de cette nouvelle. Immobile, silencieux et pourtant terriblement présent et presque familier. Qu'est la courte vie d'un homme par rapport à celle d'un dragon vieux de plusieurs siècles ? Question purement rhétorique et je n'en dirai pas plus sur le texte (lisez-le et vous saurez)
Ce qui m'a le plus impressionné dans ce texte c'est sa densité, son intensité, sa fluidité et son style (ça fait beaucoup me direz-vous ... oui mais c'est comme ça, j'en suis encore toute émotionnée). C'est fou ce qu'arrive à faire tenir Lucius Shepard en seulement 41 pages (et 29 en pdf, diantre !). Et malgré cette densité, ça se lit tout seul (et on applaudira aussi le travail du traducteur, Jean-Daniel Brèque).
Lisez-le. Sur liseuse, sur le blog Bifrost, sur écran (29 pages en pdf ça ne vous tuera pas les yeux) ou sur papier (imprimez-le - et et recylclez le papier pour apaiser votre conscience - ou attendez la sortie du recueil), peu importe mais lisez-le. Vous ne serez pas déçu.
L'édition epub bénéficie d'une illustration de couverture (et ça c'est bien) qui, si je ne m'abuse est la reprise d'une illustration intérieure du recueil (car, oui, en plus, d'une magnifique couverture, le recueil est enrichi d'illustrations intérieures - et je ne suis pas loin de mourir d'envie de les voir... que le 22 septembre est loin !), illustration signée Nicolas Fructus.
Angle Mort n°4
Le numéro 3 d'Angle Mort est arrivé le 1er mai.
Au sommaire :
– « Dieu vu de l'intérieur » de Jean-Claude Dunyach
– « Sale n... » de Ted Kosmatka
– « Dahut » de Hélène Marchetto (à paraître le 14 septembre 2011)
– « La voix de son maître » deHannu Rajaniemi (à paraître le 5 octobre 2011)
Achetez le numéro complet pour €2.99 seulement, enrichi d'interviews exclusives des auteurs.
Les nouvelles apparaîssent gratuitement en ligne sur Angle Mort au rythme d'une toutes les trois semaines.
Miscellanées de nouvelles (2)
Je vous avais dit que, cet été, les nouvelles seraient à l'honneur. Comme pour la première édition, je groupe ici des avis rapides sur quelques nouvelles récupérées ici ou là, en format papier ou ebook.
Commençons par La diplomatie en trois rounds de John Scalzi, une nouvelle promotionnelle de 31 pages offerte par l'Atalante. C'était mon premier contact avec John Scalzi (le même jour j'avais fait l'acquisition de Deus in Machina dont je reparlerai cet été). L'officier Wilson qui accompagne une mission diplomatique sur Korba-Aty. Petit hic, les Korbans ne sont pas très réceptifs, surtout depuis le coup d'état militaire. Les diplomates tentent une approche nouvelle, basée sur les capacités augmentées de leur soldats : Wilson devra affronter en combat singulier l'un des meilleur soldat Korban. En trois rounds. Et sans froisser les futurs alliés. Un texte drôle, intelligent, assez dense vu sa taille, avec un personnage principal bien construit. L'exposition est courte et il m'a fallu un peu de temps pour mieux appréhender l'univers (j'ai relu les quatre première pages pour situer le décor) mais la lecture était jouissive. Lire aussi l'avis (totalement contraire au mien) de Julien. La diplomatie en trois rounds m'a donné envie de poursuivre avec John Scalzi et je vous reparlerai bientôt de Deus in Machina.
Toujours chez l'Atalante parlons à présent de Drame de troll de Terry Pratchett, un autre texte promotionnel, de 25 pages celui-ci. Cetre nouvelle met en scène Cohen le barbare, un vieux guerrier qui regrette le bon vieux temps, celui des trolls agressifs et des gobelins belliqueux. Le progrès est un fléau pour le guerrier. Alors pourquoi ne pas se faire un troll comme au bon vieux temps ? Ici aussi nous avons une nouvelle humoristique mais teintée de nostalgie. Fonctionnant surtout sur des dialogues (même le cheval de Cohen le barbare est doué de parole) elle est entraînante même si le lecteur a un petit pincement au coeur devant la mélancolie de Cohen. C'est bon, très bon même... c'est du Pratchett, quoi. Vous pouvez la trouver sur le Vade-Mecum.
Rempart, la nouvelle de Laurent Genefort, parue en avril 2010 dans le le Bifrost n° 58, a reçu le Grand Prix de l'Imaginaire 2011 catégorie nouvelle francophone et le Prix Bob Morane 2011. Pour fêter ça, Bifrost proposait ce texte en téléchargement gratuit le mois dernier. Je l'ai donc téléchargée et lue en ebook. Là aussi c'était mon premier contact avec un texte de Laurent Genefort (quoi ?! s'exclameront certains ... inculte je suis). J'apprécie vraiment de picorer des nouvelles, ça me permet justement de découvrir un auteur (sur une forme courte et exigeante) avant de me lancer dans un roman ou un cycle par exemple. Ici la nouvelle a un air de déjà-vu. La faute à District 9 qui partage une partie du "pitch" puisque des extraterrestres de tous les coins de la galaxie débarquent sur Terre pour parfois ne plus en repartir. Certaines villes deviennent au mieux une zone de transit intergalactique, au pire un ramassis de bidonvilles pour réfugiés de l'espace. Le narrateur est un membre des forces de paix des Nations Unies, forces appelées Rempart, qui tente, tant bien que mal, de faire son job, sauver sa peau (la paix peut parfois être violente) et garder la raison devant tant de bouleversements. La fin est très ouverte (trop pour moi car c'est quasiment une absence de fin) mais le monde décrit me tente bien. Ce qui tombe bien puisqu'en 2012 paraîtra au Bélial' un court roman de Laurent Genefort dans le même univers : Points chauds. Ici aussi je vous invite à lire les avis de Julien, de Val et de Tigger Lilly sur le Bifrost 58.
Cœur flétri de Aliette de Bodard, parue dans Angle Mort me permet de patienter avant d'entamer la lecture de De sang et d'obsidienne. Dans cette nouvelle narrée à la première personne, nous faisons connaissance avec Metlicue, une jeune vierge choisie pour offrir son coeur lors d'une rituel afin réveiller l'homme de maïs, une divinité chargée de fournir au peuple la nourriture en abondance. Mais Metlicue se rebelle et s'offre à un homme la veille de la cérémonie. Son coeur impur est, malgré tout, sacrifié à l'homme de maïs qui s'en trouve corrompu. Cette nouvelle se place probablement dans l'univers de De sang et d'obsidienne et me donne fichtrement envie de faire sortir au plus vite ce roman de ma PAL. C'est un texte sans défaut, poignant et envoutant. Une perle. Un petit tour chez Gromovar pour lire sa chronique sur Angle Mort.
Et enfin terminons avec Le goût du sang de Michel Pagel. Paru initialement dans Bifrost n°30, le Bélial le propose, jusqu'à la fin du mois de juillet, en lecture sur son blog et en téléchargement gratuit. Une nouvelle courte, qui se dévore d'une traite, légère, sans réel enjeu et qui tient essentiellement par la plume de l'auteur et sa chute très drôle (enfin moi elle m'a fait éclater de rire). Décidément j'adore toujours autant les textes de Michel Pagel.
Miscellanées de nouvelles (1)
Quatre nouvelles au menu aujourd'hui (qui a pensé entrée, plat, fromage et dessert ?)
Averse cosmique de Jean-Jacques Nguyen, parue gratuitement sur le blog Bélial en avril (précédente parution dans Bifrost n° 13) et lue en ebook (30 pages en format epub) pendant le Read A Thon. Un texte intéressant d'un auteur que je ne connaissais pas. Sans vouloir en dire trop elle dépeint un monde où une compagnie privée s'est taillée la part du lion dans la conquête spatiale à l'échelle galactique. Mais la découverte d'un artefact d'une civilisarion inconnue pourrait tout faire basculer. Portée par un très beau personnage principal, la nouvelle est surprenante, presque militante dans sa prise de position. Voila pour l'entrée.
Passons au plat principal avec Je suis l'ennemi de Thomas Day, parue aussi au Bélial dans le Bifrost n°8 et disponible gratuitement en mai sur le blog du Bélial ou en téléchargement (ebook de 25 pages au format epub) pour fêter la sortie de Daemone de Thomas Day (une réécriture de son roman Les Cinq Derniers Contrats de Daemon Eraser). Au passage allez lire l'avis de Cachou sur Daemone, ça ne vous coutera que quelques minutes... Je n'ai jamais été déçue par les nouvelles de Thomas Day et celle-ci ne fait pas exception à la règle. Nous faisons connaissance avec un personnage énigmatique, Johnny (quel drôle de prénom), tueur dont l'humanité semble avoir disparu au sens propre comme au figuré...
Il est temps de passer au fromage avec La dette, une nouvelle de Thomas Geha située dans l'univers du Sabre de Sang, offerte aux lecteurs pour la sortie du deuxième tome du Sabre de sang (lu ebook de 14 pages en format epub). Je n'ai pas lu les romans de Thomas Geha mais cela ne m'a pas empêchée d'apprécier ce court texte, fort et ineluctable.
Comme j'ai gardé le meilleur (encore que, ici, le repas était digne d'un restaurant étoilé) pour la fin (le dessert est un moment sacré pour moi).... avec Le jardin des silences de Mélanie Fazi, ebook de 22 pages en format epub, paru dans le numéro 3 d'Angle Mort. Une histoire de fantômes ; une histoire d'amour, de mort et de regret ; une histoire où le passé revient hanter (ou apaiser ?) une jeune femme. Le fantastique s'installe par petites touches, avec délicatesse dans la douceur d'un jardin.
Bon appétit.
Angle Mort n°3
Le numéro 3 d'Angle Mort est arrivé le 1er mai.
Au sommaire :
– « Le jardin des silences » de Mélanie Fazi
– « Comme les femmes se battent » de Sara Genge (à paraître le 23 mai 2011)
– « Œuvre vécu d’Athanase Stedelijk, une monographie » de Léo Henry (à paraître le 12 juin 2011)
– « Mêlée » de Kij Johnson (à paraître le 4 juillet 2011)
Achetez le numéro complet pour €2.99 seulement, enrichi d'interviews exclusives des auteurs.
Les nouvelles apparaîssent gratuitement en ligne sur Angle Mort au rythme d'un toutes les trois semaines, à commencer par l'édito et « Le jardin des silences » de Mélanie Fazi mis en ligne le 1er mai.
Onirismes #01
Le premier numéro d'Onirismes vient de paraître. Onirismes est un webzine bilingue (français - anglais), spécialisé dans la publication de nouvelles de fiction et de poésie, relevant des littératures de l'Imaginaire (fantasy, fantastique, science-fiction, et variations interstitielles diverses).
Au sommaire
- Editorial (anglais)
- Editorial (français)
- « The Prophet's Daughters » by Michael J. DeLuca
- Interview - Michael J. DeLuca (anglais)
- « Les filles de la prophétesse » par Michael J. DeLuca
- Interview - Michael J. DeLuca (français)
- « A Map of the World on the Shell of a Snail » by Lavie Tidhar
- Interview - Lavie Tidhar(anglais)
- « L'escargot qui portait un monde sur son dos » par Lavie Tidhar
- Interview - Lavie Tidhar (français)
- « Cendres de l'une » par Claude Mamier
- Interview - Claude Mamier (français)
- « She in Ashes » by Claude Mamier
- Interview - Claude Mamier (anglais)
- Remerciements
- Credits & Thanks
N'oubliez pas l'appel à textes permanent. Retouvez toutes les informations sur le site d'Onirismes.





















