20 février 2012

42 - La Grande Question du Lundi (10)

42Pour cette nouvelle édition de la Grande Question du Lundi, nous allons, à nouveau, parler d'édition numérique et plus précisément des DRM.

DRM quésako ? Acronyme de "Digital Rights Management". Objectif : contrôler par des mesures techniques de protection, l'utilisation qui est faite des œuvres numériques. En clair c'est un verrou censé empêcher le possesseur du fichier numérique d'en faire ce qu'il veut (copier, diffuser etc) et surtout d'en faire des choses pas belles et pas légales qui spolient les auteurs et bafouent leurs droits ... 

Un principe comme celui-là, dans l'absolu, on ne peut pas être contre. Sauf que de l'absolu à la vraie vie il y a comme un gouffre. Ceux qui me suivent sur FB ne seront pas surpris de ce qui suit puisqu'ils ont déjà eu droit à une partie de l'histoire là-bas. Pour les autres... séance de rattrapage. A Noël, on m'a offert des cartes cadeaux. Cartes cadeaux à dépenser dans une grande enseigne culturelle qui, il fut un temps, professait que le livre n'était pas un produit comme les autres... Bref. Armée d'une de mes cartes cadeaux, je remplis mon panier virtuel de livres bien réels et je me rends compte qu'il me reste 1 euro et des poussières sur la carte. Je décide donc de fureter dans le rayon (virtuel) des livres (virtuels). J'hésite entre une nouvelle de Thomas Day publiée par Le Bélial et L'art d'avoir toujours raison d'Arthur Schopenhauer (éditions Mille et une nuit). Finalement j'opte pour le Schopenhauer parce que celui-là je ne risque pas d'avoir l'occasion de le faire dédicacer. Je peux donc acheter en numérique sans le regretter un jour. Or il s'avère que cet ebook est un ebook avec DRM (au contraire des ebooks du Bélial soit dit en passant). Et que pour lire un ebook sous DRM il faut un identifiant adobe, un logiciel adobe et que ce logiciel soit sur la liseuse. Et c'est là que le cirque commence. Accrochez-vos ceintures ça va secouer. Vérification de la liseuse : elle est bien équipée du logiciel adéquat (ouf!). Je télécharge le logiciel adobe sur le PC (jusque là tout va bien). Je crée un identifiant sur le site (jusqu'ici tout va encore bien même si c'est long). J'entre l'identifiant dans la liseuse. Ma liseuse m'insulte alors violemment. Elle ne les reconnaît pas. Un tour sur le site d'adobe pour résoudre ce léger contretemps. Mazette : impossible de réinitialiser l'identifiant et le mot de passe. Le site me renvoie perpétuellement sur un formulaire vierge quand je valide, sans prendre en compte les modifications. Et la liseuse continue à m'insulter. Je tourne en rond et bourrique (et pas barrique...encore qu'à ce stade une bière ou un verre de blanc aurait calmé mes nerfs en pelote). Habituellement avec un ebook sans DRM, j'ouvre Calibre, je clique sur "Ajouter un livre" puis sur "envoyer à" et hop le fichier est sur ma liseuse. Deux clics, 1minute 30 et le tour est joué. Là, le fichier avec DRM n'est toujours pas dans la liseuse et je m'arrache les cheveux depuis une demi-heure (j'exagère à peine).

A ce stade de l'histoire on peut déjà tirer une première conclusion : il faut être vraiment stupide pour acheter un fichier avec DRM. Les DRM emmerdent les cyberquiches comme moi. Et pour voir un peu sur le net le nombre de livres piratés, je peux dire que ces DRM n'emmerdent QUE le lecteur lambda un peu cyberquiche sur les bords comme moi. Les autres s'en sortent très bien. Et je me suis sentie encore plus conne quand j'ai réalisé que L'art d'avoir toujours raison d'Arthur Schopenhauer était depuis longtemps dans le domaine public et que j'aurais pu avoir tout à fait légalement un ebook gratuit. Là j'ai payé parce que j'aimais bien la maison d'édition. Et que quand j'aime bien un éditeur, j'essaie de le soutenir en achetant les livres qu'il édite. Et dans ce cas précis je me retrouve avec un livre ... illisible ("le comble du comble" * ... nous sommes en plein dedans là) . Pour le coup ma fibre militante en a pris un sacré coup. Pour ce qui est du soutien à l'indutrie du livre, messieurs les éditeurs, vous ne m'y reprendrez plus.

Revenons à ce fichu fichier qui stagne dans le disque dur de mon PC. Heureusement les amis sur FB sont sympas. Me voyant hurler mon désespoir et ma colère, ils m'ont fourni des tuyaux pour faire sauter les DRM. Et croyez-moi, avec le programme adéquat, il ne faut que deux clics et un copier/coller pour déverrouiller le fichier. Même une cyberquiche comme moi y arrive... c'est dire la simplicité de la manoeuvre. D'ailleurs vous trouverez un tutoriel dans cet article (et dans les commentaires du-dit article, le nom du programme que j'ai utilisé). Une fois les DRM enlevé, j'ai enfin pu mettre le bouquin dans la liseuse en suivant la procédure habituelle (deux clics et une minute trente). Si je résume : pour pouvoir utiliser un fichier que j'avais légalement acheté, j'ai du utiliser une méthode de pirate... Édition numérique, quelque chose en toi ne tourne pas rond, un je ne sais quoi qui me laisse con.... Ce qui prouve au passage que les protections DRM sont totalement inefficaces et que la rémunération des auteurs et des éditeurs n'est pas garantie. Il faudrait donc que les éditeurs se penchent sur d'autres systèmes pour trouver une alternative qui permette la rémunération des acteurs de la filière sans pour autant perdre le consommateur (parce que sans auteurs, pas de livres mais sans lecteurs-acheteurs...).

Et vous savez ce qui est le plus énervant dans l'histoire ? C'est que les éditeurs et les libraires en ligne ne précisent pas la présence ou l'absence de DRM (ou alors il faut fouiller - profondément - dans les descriptifs pour trouver l'info). Ce manque de transparence me révulse. On nous prend vraiment pour des veaux et ça suffit ! C'est pourquoi je vous propose de lister, ici, les éditeurs et collections d'ebooks, avec une clé d'entrée : avec ou sans DRM. Et pour l'instant on commence par les éditeurs SFFF. Personnellement mon choix est fait. Cette liste n'est, bien entendu, pas exhaustive et sera complétée au fur et à mesure des infos recueillies... N'hésitez pas à l'enrichir en commentaire !

Avec DRM :

  • Denoël (dont Lunes d'encre)
  • Fleuve Noir
  • Mille et une nuits
  • Pygmalion
  • Robert Laffont (dont Ailleurs et demain)

 

Sans DRM :

lecteurs_drm_black

* Le comble du comble : c'est un muet qui dit à un sourd qu'un aveugle les espionne...

Posté par Lhisbei à 17:22 - - Commentaires [25] - Rétroliens [0]
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12 décembre 2011

42 - La Grande Question du Lundi (9)

42Dans la série tout le monde râle en ce moment, l'un des sujets qui revient fréquemment est celui des ebooks. Pour cette nouvelle édition de la Grande Question du Lundi, nous allons donc parler édition numérique et plus précisément de ce que, moi, lectrice possédant une liseuse mais attachée au livre papier, je vis en ce moment, à savoir un petit virage numérique.

Nous sommes en phase de transition : le livre électronique existe, prend de l'ampleur (surtout dans d'autres pays comme les USA par exemple) mais cohabite avec le livre papier, qui reste tout de même le mode de diffusion numéro un des écrits en France. Je n'aime pas les transitions parce que je manque de repères mais j'essaie de m'adapter aux mutations de mon époque. Du coup j'ai investi, en début d'année 2011, dans une liseuse pour ne pas rater la révolution numérique. En cette fin d'année, le moment me paraît bien choisi pour faire un petit bilan de l'utilisation de cette liseuse. Vous allez voir ça va être rapide. Je ne l'utilise presque pas. Pourquoi ? Le confort de lecture est bien là, l'utilisation est d'une simplicité quasi-enfantine (et la cyberquiche 2.0 que je suis à l'impression de maîtriser la technologie) et Calibre me permet de gérer ma bibliothèque au mieux. Alors qu'est-ce qui me retiens ? A part un mari qui est farouchement contre le numérique, s'entend ? Et un trop grand attachement au livre objet...

Le principal frein ne dépend pas de moi mais de l'offre proposée par les éditeurs. Au pire inexistante. Aux USA, l'offre est pléthorique (oui mais il n'y a plus de libraires !). En France elle est étique. Et, quand elle existe, elle côtoie souvent de près le foutage de gueule en bonne et due forme (et je pèse mes gros mots croyez-moi). Que nous proposent les éditeurs français pour les livres numériques ? Des catalogues rachitiques quand ils existent. Des fichiers avec DRM, dispositifs de "protection" qui peuvent poser problèmes sur certaines liseuses. Ces dispositifs emmerdent souvent les cyberquiches comme moi mais pas les pirates à qui il ne faut que deux petites secondes pour faire sauter ces foutus verrous numériques. Et, le tout, souvent à des prix exorbitants (avec sur des grands formats des écarts de l'ordre de 2 à 3 euros de moins par exemple - j'ai entendu le chiffre de 20% de réduction en moyenne au 20h de France 2 dans un "reportage" où on voyait Marc Lévy dédicacer un Kindle). Alors que les coûts de fabrication (imprimeur, papier, encre, maquette etc) sont quand même fortement diminués puisque le livre est dématérialisé, et, que le coût de distribution change (pas besoin d'inonder les librairies pour la mise en place). Si, encore, les auteurs étaient mieux rémunérés par leur droits d'auteurs, mais à les écouter (le droit du serf) ce n'est pas le cas. Donc les consommateurs (les lecteurs) se sentent un peu comme des vaches à lait. Et qu'on ne vienne pas me dire que "fabriquer" un ebook coûte cher aux éditeurs. Jean-Claude Dunyach prouve le contraire : en partant d'un fichier Word, comptez 3 à 4h pour fabriquer un ebook, tout à fait lisible et agréable. Ensuite, bien entendu, si les éditeurs ajoutent du contenu inédit, enrichissent le roman, ça fait monter le prix. Normal. Mais que les éditeurs incompétents (ceux qui partent de la maquette d'un livre imprimé et qui détricotent le travail pour fabriquer l'ebook et là ça coûte cher) ne viennent pas faire payer aux consommateurs (les lecteurs) leur incapacité à opter pour des méthodes de travail rationnelles. Personnellement le jour où le marché bascule au numérique je ne me vois pas claquer 15 à 20 euros dans un e-book alors que je mets 25 euros dans un livre papier (même si ce n'est pas souvent). Je ne mettrai pas plus de 10 euros dans un objet dématérialisé qui sera stocké dans un disque dur qui peut planter, se crasher ou sur des sites internet qui peuvent disparaître du jour au lendemain (souvenez-vous d'un ebook acheté sur Amazon et qui avait été effacé du Kindle...). Un livre papier est stocké dans ma bibliothèque et le risque de le voir disparaître soudainement est moindre.

Bien sûr certains éditeurs ont tout compris. En imaginaire on trouve Bragelonne/Milady (qui a tout intérêt à pratiquer des tarifs intéressants vu l'offre illégale disponible) et Le Belial' par exemple, même s'ils ne sont pas les seuls (mais bon on les compte quand même sur les doigts d'une main). Les grands groupes se comportent comme les majors du disque avec une politique dissuasive (livres électroniques coûteux, DRM, droits d'auteur au rabais). Ouvrons la parenthèse pour digresser sur l'industrie du disque. Personnellement j'ai une façon de réagir assez radicale par rapport à ça. Quand Hadopi a été lancée, j'ai signé un appel contre ce texte. Pour autant je ne télécharge pas illégalement. A vrai dire je ne télécharge pas légalement non plus. A vrai dire je n'achète plus de CD non plus. Oui vous avez bien lu (sauf ceux d'Indochine et des Red Hot, voila c'est dit). Tu n'écoutes plus de musique alors ? Oh si. La radio (Purefm et Classic 21). La radio et la musique à la demande sur PC (oui le son n'est pas super mais je n'écoute ni musique classique, ni opéra). Et j'ai chargé mes albums fétiches sur mon baladeur numérique. Mais acheter non. Je ne peux plus. Ils m'ont dégoûtée. Que des lobbies du disque fasse voter une loi (une LOI tout de même ce n'est pas rien) répressive sans se poser des questions sur ce qu'elles offrent (de la daube en barre à cette époque-là, entre Star Ac et musique d'ascenseur en passant par les artistes kleenex et en virant des artistes reconnus et talentueux parce que pas assez malléables ou vendeurs...) m'est resté en travers de la gorge (la loi ça doit servir à autre chose que protéger les intérêts d'un petit groupe de nantis et je ne parle pas des auteurs-compositeurs mais des patrons des majors). Alors ce n'est pas du boycott intentionnel. Je n'ai pas décidé de ne plus acheter de CD, un beau matin au réveil (c'est la clope que j'ai viré comme ça). C'est juste qu'il faudra trouver un autre pigeon quelqu'un d'autre pour pleurer sur l'agonie de l'industrie du disque. Et ne pas compter sur moi pour aider (sauf pour l'euthanasie car le jour où elle crève, quelque chose d'autre la remplacera, quelque chose qui ne pourra pas être pire, au moins dans un premier temps). Et comme on l'a bien vu les maisons de disque ont toutes mis la clé sous la porte, preuve iréfutable que le numérique a tué l'industrie du disque (on nous prend vraiment pour des billes)... Fermons la parenthèse et revenons à la liseuse.

Pour remplir la liseuse, heureusement il y a les livres tombés dans le domaine public (numérisés par des passionnés) et des innovateurs comme Angle Mort. Cette revue numérique est de très bonne tenue et je l'achète régulièrement. J'adhère aussi à sa philosophie. Il y a les éditeurs qui appâtent le lecteur avec des contenus gratuits (nouvelles à télécharger ou à lire en ligne) en espérant déclencher un acte d'achat par la suite. Et puis l'annonce (ô combien prématurée en mai) d'une nouvelle maison d'édition portée par Ayerdhal et JC Dunyach pour remettre à disposition des livres épuisés depuis longtemps et dont les auteurs ont récupéré les droits. J'attends la concrétisation avec une dose d'impatience qui s'émousse un peu là. Et la semaine dernière j'ai acheté une nouvelle non disponible au format papier (sauf à acheter un Bifrost de 2004 ... date de péremption dépassée non ?) dont je reparlerai bientôt. Bref je commence sérieusement à tenter de remplir la liseuse sans me ruiner.

Alors bien sûr, je ne me voyais pas acheter certains livres en numérique (Le Dragon Griaule par exemple avec ses illustrations, il me le fallait en version papier) et je préférerai toujours acheter un livre papier à un livre numérique (les dédicaces avec un livre numérique c'est un peu compliqué). Mais j'aimerais bien aussi remplir ma liseuse (parce qu'en vacances, ça prend moins de place, c'est moins lourd, ça tient dans le sac, bref c'est plus pratique). Et ce n'est pas les idées qui manquent. Les éditeurs ne peuvent maintenir un fond et rendent régulièrement les droits des bouquins aux auteurs. Les éditeurs de poche ne peuvent pas reprendre tous les livres grands-formats parus. Qu'est-ce qui les empêche de signer un nouveau contrat pour une édition numérique ? Un contrat où l'auteur serait mieux rémunérés et où le bouquin serait vendu dans la gamme de prix d'un livre de poche (mais moins de 10 euros sinon on entre dans la catégorie "livre de poche trop cher"). Le fond pourrait vivre et certains bouquins seraient toujours disponibles. Et les éditeurs vendraient des livres qu'ils ne vendent pas à l'heure actuelle. Plus de choix, plus de possibilités de ventes. Du bénéfice pour tout le monde non ?

Nous sommes dans une période de transition mais l'édition numérique ne m'inquiète pas, comme lectrice. Bien sûr je suis attachée aux livres objets, à leur odeur, au grain du papier, à la couverture que je caresse souvent (et c'est tout sauf érotique ne vous faites pas d'idées), admirative du travail de l'illustrateur. J'adore avoir un mur de bibliothèques chez moi. Ce qui fait qu'entre un livre et un e-book je choisirai toujours le livre. Tant que j'ai le choix (et parti comme c'est parti en France j'aurai le choix pendant longtemps encore) je privilégierai toujours le livre papier (sauf augmentation exponentielle de son prix de vente). Mais ce qui m'importe encore plus que le contenant c'est le contenu. Et le jour où un éditeur me permet de remplir ma liseuse de livres indisponibles, peu chers et qui correspondent à mes goûts, je sais comment je vais réagir : ma PAL d'ebooks va exploser.

Il est possible que tout ce que je viens d'écrire soit simpliste et idiot. Il est possible que je me trompe sur toute la ligne. Je ne demande pas mieux qu'apprendre...  donc les commentaires sont ouverts. Et pour ceux qui veulent lire des réflexions un peu plus poussées c'est chez Alan Spade qu'il faut aller voir.

Et, parce que tout ça n'est pas tout à fait sérieux, qu'un peu de légèreté dans un monde de brute fait toujours du bien (qui a pensé chocolat ?) et que la liseuse reste un joujou avec lequel s'amuser un peu, nous avons mis au menu de notre réveillon de fin d'année la lecture commune d'un ebook gratuit. Une histoire de Vampire. Une histoire d'Amour. Une histoire de Magie. Et non ce n'est pas Twilight (on ne va pas se manger 4 tomes de guimauve non plus, l'indigestion nous guetterait). Pour le 30 décembre Val, Blop, GromovarVert (sans liseuse), Flo, Yueyin (sous réserve du passage de Papa Noël), Cédric JeanneretEric Nieudan, Angua et moi lirons donc La morsure de la passion de Michele Hauf paru chez Harlequin dans la collection Nocturne. Évidemment, si une soudaine envie de passion harlequinesque, de crocs et de bit-lit vous étreint pour Noël, vous pouvez vous joindre à nous. Le roman se télécharge sur cette page (et rien ne vous empêche de vous laisser tenter aussi par les 9 autres titres mais ce sera sans moi).

morsure_de_la_passion

Et le texte de 4eme de couverture :
Depuis qu'un combat sans fin les oppose, le sang des sorcières est fatal aux vampires. Pourtant, l'un d'entre eux, Nikolaus Drake, a survécu à ce poison mortel. Devenu invincible, il n'a plus qu'une idée en tête : se venger de Ravin Crosse, la sorcière qui a failli le tuer. Mais il est loin de se douter qu'il va se retrouver lié malgré lui à celle qu'il hait le plus au monde. Car, s'étant introduit chez Ravin, il absorbe par mégarde un philtre d'amour qui ne lui était pas destiné... et tombe en quelques secondes amoureux de celle qu'il s'apprêtait à abattre. Pure sorcellerie, simple hasard, ou manœuvre diabolique, il ne connaît pas la cause de l'étrange état dans lequel il est plongé. Ce qu'il sait en revanche, c'est qu'aimer une sorcière est un crime chez les vampires et que, désormais, il va devoir combattre ses semblables pour défendre deux vies : la sienne et celle de Ravin qui lui est devenue si précieuse...

And now, let's have fun with our readers !

Posté par Lhisbei à 17:09 - - Commentaires [22] - Rétroliens [0]
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28 novembre 2011

42 - La Grande Question du Lundi (8)

42En ce moment tout le monde râle. Les auteurs râlent sur les éditeurs, sur les libraires, sur les droits d'auteurs (notamment - et ils ont bien raison - en ce qui concerne les droits sur le "numérique"). Les éditeurs râlent contre les blogueurs, les auteurs, les distributeurs, les libraires indépendants ou pas, sur les sites de vente en ligne, les lecteurs. Les lecteurs râlent sur les éditeurs, les auteurs, les libraires etc. Et tout le monde râle de concert contre le passage de la TVA de 5,5% à 7% sur le livre papier (et moins, mais ça va arriver, sur le passage de cette même TVA de 19,% à 7% sur le livre numérique). Je ne sais pas si c'est la dépression saisonnière, l'approche de Noël ou la crise qui génère cette morosité ambiante mais, plutôt que de râler comme tout le monde (je vois Mr Lhisbei plié de rire derrière son écran après avoir lu cette phrase), plutôt que de râler, donc, je préfère m'interroger sur mes attentes. Quand elles seront clairement définies, j'aurais, au moins, une bonne raison de râler.

Pour cette nouvelle édition de la Grande Question du Lundi, nous allons donc parler édition et plus précisément de ce que, moi, lectrice chiante, j'attends d'un éditeur de SFFF. D'un VRAI éditeur s'entend (enfin, "vrai" selon MON échelle de valeur).

J'attends d'un éditeur publie des livres qu'il aime et qu'il choisit. Qu'il puisse défendre. Le 78ème tome de la franchise Bidule publiée par Louis le Truc pour qu'il puisse payer sa piscine chauffée ne m'intéresse pas. La novelisation du dernier blockbuster à la mode non plus. Que l'éditeur ait besoin de croûter soit ; libre à lui de le publier, libre à moi de ne pas l'acheter. Par contre quand un éditeur présente un nouvel auteur ou le dernier ouvrage d'un auteur confirmé avec d'autres arguments que des arguments commerciaux, je tends l'oreille. Même si cet ouvrage est à classer dans les catégories "ça ne m'intéresse pas a priori ". Je tends l'oreille quand on parle du dernier Baxter même si je ne lis jamais de hard SF par manque de culture scientifique. Et puis j'apprécie aussi la franchise des éditeurs : qu'un éditeur publie la novelisation du dernier blockbuster en assurant que c'est LE roman de l'année et en prenant ses lecteurs pour des poires m'horripile (en plus je n'aime pas les poires). Sa crédibilité en prend un coup et je suis d'autant plus méfiante et d'autant moins réceptive à ses arguments par la suite. Je ne suis pas qu'une carte bleue ambulante. Par contre s'il annonce qu'il publie cette novelisation parce qu'il y a un public pour l'acheter, qu'il convient du fait qu'il s'agit d'une novelisation avec les limites de l'exercice (contraintes de l'univers et des films, etc) et qu'il pense aussi à renflouer ses caisses pour pouvoir publier d'autres auteurs ou livres moins bankables, et bien, dans ce cas, l'éditeur reste crédible à mes yeux. Crédible et professionnel. Et quand il m'annoncera publier LE roman de l'année, je serai au moins curieuse de feuilleter l'ouvrage parce que sur ce coup là, il y a de grandes chances que l'éditeur soit sincère. Il n'y a pas de mauvaises raisons pour publier un livre. Par contre il y a bien des mauvaises façons de le vendre.

Corollaire j'attends d'un éditeur qu'il accompagne les livres qu'il publie. En en faisant la promotion. Il n'est pas obligé d'étaler cette promotion en 4x3 sur tous les panneaux publicitaires de France et de Navarre mais qu'il indique, sur un site, une page FB, twitter, google, un réseau social, un forum spécialisé ou autre quelque chose du style : "voilà tel bouquin de Machin sort ce mois-ci. C'est une histoire de ceci et un peu cela et encore bien d'autres choses...". Et qu'il n'hésite pas à signaler les points de rencontre avec l'auteur si ce dernier entame une tournée des librairies et festivals. Et si en plus il recense les articles, avis et commentaires sur le bouquin, c'est la cerise sur le gâteau. Si un livre sort dans l'indifférence générale il ne faut pas s'étonner qu'il ne se vende pas. Je fais comment moi, lectrice, pour acheter des livres si je ne sais pas qu'ils existent ? Le libraire-conseil est à 40 bornes de chez moi (comptez une heure et quart de trajet avec les bouchons) et je n'y vais pas tous les jours... (de toute façon le temps de sortir du boulot, de sauter dans la voiture et de faire la route, il baisse le rideau quand j'arrive devant sa porte...). Ma première source d'info c'est le net et ce n'est pas près de changer. Attention cependant, quand je parle du net j'exclus les gros sites marchands en ligne car leurs conseils n'en sont pas : ils ne me proposent souvent que les meilleures ventes ou des bouquins que j'ai déjà mais que, pas de bol, je n'ai pas acheté chez eux...

Mais surtout, ce que j'attends d'un éditeur c'est qu'il fasse de l'editing. Pardonnez-moi le fait d'utiliser un anglicisme mais cet anglicisme recouvre au mieux la notion que je veux exprimer. Wikipedions ensemble. L'editing c'est quoi ? « Editing is the process of selecting and preparing written, visual, audible, and film media used to convey information through the processes of correction, condensation, organization, and other modifications performed with an intention of producing a correct, consistent, accurate, and complete work. The editing process often begins with the author's idea for the work itself, continuing as a collaboration between the author and the editor as the work is created. As such, editing is a practice that includes creative skills, human relations, and a precise set of methods. » Ce que j'attends de l'éditeur c'est qu'il travaille avec l'auteur sur son manuscrit dans le but de rendre celui-ci le meilleur possible. Qu'il taille le diamant brut qu'est le manuscrit (ou tapuscrit) qu'il a choisi de publier (et si c'est un auteur étranger avec lequel il ne peut pas retravailler le texte, j'attends de l'éditeur qu'il lui trouve un bon traducteur au moins). Et qu'enfin il lui donne un écrin à sa mesure en choisissant l'illustrateur, travaillant la maquette et en accompagnant si besoin l'oeuvre d'une postface ou d'une préface ou de documents enrichissant l'oeuvre. Certains manuscrits auront besoin d'un travail léger, d'autres d'un travail plus approfondi. Je suis persuadée que l'éditeur est indispensable à l'auteur sur ce point précis. Quelques auteurs ont suffisamment de recul sur leur travail pour pouvoir se passer d'un éditeur mais la plupart ont besoin d'un regard extérieur sur leur roman ou leur nouvelle. C'est aussi pour cela que j'ai beaucoup de mal à lire des romans auto-publiés. Qu'un auteur qui a récupéré les droits de son roman décide de le remettre sur le marché (via le numérique ou l'impression à la demande par exemple) ne me pose pas de problème particulier. Je ne ferai pas de différence de traitement avec un livre du circuit traditionnel. Et si le résumé et les quelques premières pages m'accrochent, je le lirai. Mais qu'un auteur jamais publié mette son premier roman sur le marché via le même procédé sans ce travail d'editing au préalable me fait fuir. Cela vaut aussi pour un auteur confirmé dont le dernier manuscrit aurait été refusé partout. Alors, oui, c'est difficile de trouver un éditeur. Mais il y a déjà trop  d'éditeurs qui ne font pas bien ce boulot d'editing pour qu'en plus je prenne le risque de lire un roman qui n'est pas suffisamment travaillé. Mon porte-monnaie n'est pas extensible et l'achat de livres résulte d'un choix : le droit à l'erreur est limité. Et en ce qui concerne les éditeurs, avec l'expérience, on finit par très bien distinguer les éditeurs qui bossent des autres qui se contentent de faire tourner les rotatives et d'encaisser les chèques... Là aussi tout est question de choix.

Pour résumer j'attends d'un éditeur qu'il fasse des choix, qu'il les assume, qu'il soit sincère et qu'il bosse avec les auteurs. C'est déjà beaucoup.

Posté par Lhisbei à 17:29 - - Commentaires [30] - Rétroliens [0]
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19 septembre 2011

42 - La Grande Question du Lundi (7)

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Lors de la précédente édition, je concluais sur cette phrase :

« Je passe sur l'idée reçu n°3 qui est apparue en cours de débat, à savoir que les blogueurs se sont "auto-institués chroniqueurs et [leurs] seules compétences se résument trop souvent à la recopie du quatriéme de couverture" (l'accent aigu n'est pas de moi). Cette idée reçue mérite, à elle seule, une Grande Question du Lundi (et elle ne saurait tarder). »

Et voici donc la Grande Question du Lundi édition spéciale "Blogueur littéraire : kesako". En préambule, je veux que tout le monde se mette dans la tête que je ne réponds que pour moi, que de mon point de vue et que je ne parle que de mon nombril. Ce qui est le cas sur les blogs en général d'ailleurs. L'exercice du "blogging" tourne autour de soi. Le blog n'est jamais que le reflet de la personnalité de quelqu'un. Les avis et opinions n'engagent que leur auteur et n'ont aucune prétention à être universels. Néanmoins les blogueurs discutent. Via les réseaux sociaux, les mails, les commentaires, de vive voix, devant un thé ou une bière (moi c'est la bière que je préfère, ou le Jurançon ou un Pouillis fumé ou un Bourgogne aligoté mais je m'égare). Parce que le blogueur est un être sociable et social et qu'il blogue aussi pour rencontrer l'autre, celui avec lequel il peut parler de ses passions souvent, parfois pour draguer mais c'est assez rare dans la blogosphère littéraire. Les blogueurs discutent donc. Et il arrive parfois qu'ils soient d'accord sur certains points. Si ma conception du "blogging" est donc très personnelle, je sais aussi qu'elle rejoint, sur certains points, celle d'autres blogueurs que je fréquente virtuellement et IRL. Je ne parle que pour moi mais mes propos seront représentatifs d'une frange de la blogosphère littéraire. Le champs de ce billet sera en outre restreint à mon environnement immédiat, à mon contexte de blogging : la blogosphère littéraire spécialisée dans l'imaginaire (mot pudique pour SFFF). C'est une petite partie de la blogobulle. Que je vais restreindre un peu plus encore car mon "réseau" est très limité. N'étant pas particulièrement fan de communautés (trop individualiste la Lhisbei ou trop vieille pour les ambiances de cour d'école), je ne fréquente qu'une toute petite partie de la blogo SFFF (cf la blog-roll, les commentateurs réguliers ou Planète SF).

Préambule terminé. Pardon pour la longueur du billet. Je vais essayer de synthétiser la suite mais ce n'est pas gagné.

Alors donc, nous disions : le blogueur se prend pour un critique littéraire.
Faux : le blogueur est avant tout un lecteur qui partage ses impressions sur ses lectures. Internet est, pour lui, un immense club de lecture ou le café du commerce version salon de thé, puisque les blogueurs littéraires sont, en très grande majorité, de sexe féminin et amateurs de thé (oui j'aime combattre les clichés par d'autres clichés). Là aussi je préfère le café du commerce parce que les salons de thé sont assez pauvres en bière pression.
Le blogueur n'a ni le souhait, ni l'intention de se prendre pour un critique littéraire. Il n'a pas non plus envie de se faire reconnaître en tant que tel, de devenir critique pour un autre média, de revendiquer l'étiquette... Bien sûr des exceptions existent mais ceux que j'ai vu prétendre à ce statut avaient le niveau requis (et, sans vouloir être mauvaise langue, certains chroniqueurs pro sont loin du niveau attendu). 
Corollaire : ceux qui pensent insulter les blogueurs en les comparant à de très mauvais critiques littéraires ont tout faux en plus d'être ridicules. Pour insulter il faut toucher un point sensible...
Corollaire bis : réclamer un niveau de qualité d'une "critique", d'une "chronique", d'un billet est un non-sens total. Les blogueurs parlent des livres comme il le veulent ou peuvent. Et leur façon d'écrire sur leurs lectures évolue avec le temps. Croyez-moi le blogueur aguerri a acquis du métier et ses billets sont de plus en plus élaborés (pour l'exemple voir ma première chronique de blog et la comparer avec, au hasard, celle-ci).
Corollaire ter : il faudrait inventer un nouveau mot pour qualifier nos billets littéraires car "critiques" et "chroniques" ne sont pas adaptés. L'exercice, en plus d'être nouveau et récent, est en outre différent. Il mérite donc une terminologie adaptée. Si vous avez des idées ...

Perso je ne serai jamais critique littéraire et je n'en ai pas l'ambition. Je n'ai pas la formation adéquate (ni lettres, ni langues, ni communication). Je ne suis pas assez cultivée (une bille en philo par ex) et bien trop basique dans mes conceptions (notamment dans ma conception de la Littérature, encore que ... j'ai une idée bien précise de celle qui pète plus haut que son cul). Je manque cruellement d'outils pour concevoir une critique (analyser le fond et la forme d'un texte etc), je manque de culture (architecture, arts, sciences...) et je suis totalement incapable d'opérer des ponts, des rapprochements entre différentes formes artistiques (ex avec le cinéma ou la musique surtout). Et parfois je suis très frustrée car je manque même de mots pour m'exprimer (un comble pour quelqu'un qui a décidé de s'exprimer par écrit, avec les mots). En plus, je suis une besogneuse. Rédiger un billet sur un bouquin me prend entre une et deux heures (liens compris, et, ce n'est pas pour me chercher une excuse, mais c'est assez long de rechercher des avis et de les lier). Et parfois certains bouquins me paralysent et je suis incapable d'écrire tout de suite dessus. Le billet sur Rêves de Gloire a mûri pendant deux mois dans ma cervelle de moineau avant que je puisse exprimer ce que j'ai ressenti. Et je n'ai d'ailleurs fait que ça. Exprimer un ressenti. Parler d'une rencontre avec un roman. C'est tout ce que j'ai les moyens d'offrir : mon ressenti. Et, à moi, ça me suffit. Et si cela ne vous suffit pas, il y a plein d'autres blogueurs qui peuvent répondre à vos attentes.

Autre idée reçue : le blogueur écrit pour être lu et a le nez collé aux statistiques et aux classements en permanence.
Vrai et faux. Faux parce qu'à la base le blogueur est un lecteur. Il cherche à garder une trace de ses lectures (le blog fait aussi souvent office de mémoire). C'est sa relation au livre qui le pousse à bloguer. Mais, au delà de cette optique, il cherche aussi à entrer en contact avec d'autres lecteurs, à partager ses goûts, ses passions, à trouver de nouvelles idées de lecture. Et pour cela il faut qu'il soit lu. Il faut qu'il ait des commentaires, qu'il commente d'autres blogs, qu'il rejoigne des communautés de lecteurs (j'ai commencé par un forum de lecture mais, maintenant, je suis une grande fille indépendante, doublée d'une enquiquineuse qui ne supporte plus d'autres règles que celles qu'elle se fixe, ce qui la rend de facto allergique aux communautés trop structurées), qu'il identifie d'autres blogueurs qui ont des goûts identiques ou différents pour piocher de nouvelles envies de lecture. Il a donc besoin d'audience. Et les statistiques sont le reflet de cette audience. Et puis il milite un peu pour "ses" livres fétiches, "ses" auteurs "chouchous". Il crie haut et fort : "oh ce livre est super !" et il aime ne pas avoir l'impression de prêcher dans le désert. C'est humain.
Perso je relativise beaucoup les stats. D'abord parce que j'ai la flemme de bidouiller le code du blog pour insérer un compteur de visite digne de ce nom. Ensuite parce que (et ceux qui connaissent Canalblog ne me contrediront pas) le module de stats de ma plateforme est plus que sommaire (un chiffre global ; des détails sur les 100 dernières visites seulement). Et surtout, parce que j'ai mis deux ans à atteindre, sur ce blog spécialisé SFFF, le même nombre de visiteurs qu'en un an sur l'ancien blog littéraire généraliste (ça s'appelle bloguer sur une niche - ouarf ouarf - je sais elle est nulle celle-là). Enfin, parce que le billet qui a été le plus lu (j'ai un pic de visite le jour de parution et le lendemain - genre Twin Towers) n'a strictement rien à voir avec les livres ou la SF. Le billet qui a eu le plus de succès sur le RSFBlog c'est celui-ci et il ne paie pas de mine ! Bon d'accord il est suivi de près par l'annonce du retour du Challenge Summer Star Wars. Mais tout de même, bloguer généraliste est plus porteur. Si je voulais être lue je fermerai illico le RSFblog et j'ouvrirai un blog généraliste (voire même un blog politique !). Ma démarche est inverse : je blogue sur ce que j'aime et, pas de bol pour elle, je kiffe la SFFF.
Corollaire : j'écris ce que je veux, comme je veux. Je n'ai de comptes à rendre à personne. Le RSFblog est un espace personnel que j'ai rendu public. Un peu comme si j'ouvrais en grand les portes de ma maison et vous y invitais (et j'ai rencontré plein de gens sympas comme ça mais je n'ouvrirai pas, IRL, les portes de la maison de cette façon). Je vous y accueille chaleureusement mais si le courant ne passe pas, je ne vous inviterai plus. Vous n'aimez pas ce que vous lisez sur le RSFblog, passez votre chemin. J'accepte la critique et les remarques, j'en tiens compte quand elles sont fondées ou qu'elles me poussent à une remise en question salutaire. Mais je n'ai rien à vous prouver. Je ne tente pas de vous séduire et n'espère pas que vous m'aimiez (se faire aimer à travers un blog est une idée saugrenue et dangereuse). Et du point de vue des éditeurs je n'ai aucune preuve à faire. Les SP ne seront pris ni comme une reconnaissance de la "qualité de mon travail", ni comme une preuve de confiance ou d'amitié. Je ne suis pas une partenaire des maisons d'éditions, même si j'ai des préférences pour certaines maisons. Je suis une lectrice (et une consommatrice car, n'en déplaise à certains, le livres est aussi un produit de consommation). Et pas n'importe quelle lectrice : je suis une lectrice qui ouvre sa grande gamelle et qui ne compte pas la fermer de sitôt (de la catégorie des chieuses donc). Et, comme je ne suis pas critique et que je suis, sur le RSFblog, chroniqueuse et rédactrice en chef, mes billets ne doivent se conformer qu'à une ligne : la mienne. Quand je dis qu'un blog c'est égo-centré c'est tout à fait vrai dans mon cas. Et, croyez-moi, j'ai l'égo bien charpenté (vous aviez remarqué ?).

Dernière idée reçue n°3 : le blogueur vit dans le regard de l'autre.
Faux. Ici je vais peut-être choquer beaucoup de monde et mes propos n'engageront donc que moi. Je n'ai pas besoin de votre regard, ni de reconnaissance, ni qu'on me flatte l'échine comme une brave bête. Bien sûr j'apprécie un compliment à sa juste valeur et je grince des dents aux remarques négatives. Votre regard m'importe, ce que vous pensez et exprimez aussi. Vos commentaires me sont précieux. Que vous ayez apprécié ou pas mon billet d'ailleurs. Mais je n'en ai pas besoin au sens strict du terme. Au début du blog j'avais peu de commentaires, de réactions. Cela ne m'a pas empêchée de continuer à bloguer. Je n'ai pas besoin de "merci", de reconnaissance ou de félicitations pour faire tourner la machinerie du RSFBlog. Mon moteur n'est pas là. Mon moteur c'est mon ego, mon nombril. Je suis auto-suffisante (et dans la vie de tous les jours, si j'ai de quoi manger, boire, lire  et un accès à internet, je peux vivre en ermite - et avec un peu "d'entraînement" je suis sûre que je pourrais me passer d'internet si j'avais "mes" livres). Je suis sociable, sympa et souriante, j'aime rencontrer des gens mais je peux vivre seule car je suis au départ une bestiole asociale (demandez à Mr Lhisbei).
Corollaire : je blogue comme j'en ai envie. Et je dis ce que je pense. Même si j'y mets les formes parce que je ne suis pas là pour casser les auteurs, les éditeurs ou les bouquins même quand des baffes se perdent. J'ai une ligne directrice quand j'écris à propos d'un livre. L'auteur a travaillé. Je respecte le travail même si le résultat n'est pas à la hauteur. Un éditeur a choisi, décidé de publier le roman. Il avait donc de bonnes raisons pour le faire. Reste à voir si, ces bonnes raisons, je les trouve et si je les partage. Quant au bouquin, je garde à l'esprit que mes goûts ne sont pas universels, que je peux avoir mauvais goût et que ce qui me plaît (ou déplaît) peut déplaire (ou plaire) à d'autres. Moralité, s'il ne faut pas compter sur moi pour être faux-cul ou pour servir la soupe, il ne faut pas non plus espérer une chronique violente ou cassante. J'essaie d'être honnête dans la retranscription de mon ressenti. J'essaie d'être juste et mesurée. Par respect de tous les êtres humains qui ont participé à la conception du livre que j'ai lu, par respect des autres lecteurs ou potentiels lecteurs du livre, par respect des visiteurs du RSFBlog mais surtout par fidélité envers moi (toujours ce maudit nombril).

Dernier point qu'il convient de préciser et qu'il faut parfois rappeler aux blogueurs eux-mêmes (je vais me faire des ennemis je le sens). Bloguer ce n'est pas sérieux. Sans rire. Quel scoop ! Bloguer c'est disperser des mots inutiles aux quatre vents. C'est comme monter sur une caisse en plein centre de Londres et déclamer des vers de Shakespeare ou aborder un inconnu dans la rue et lui balancer "Tiens tu devrais lire ce roman. Il est génial !" C'est vain. Cela n'a aucun sens (et c'est bien pour cela que ça m'est indispensable). Et tous les blogueurs qui se prennent au sérieux, ceux qui font la course à l'échalote (sur les SP, sur la notoriété, sur la reconnaissance de la qualité de leur blog) ne sont que des fieffés idiots. Fermez votre blog les gars et dans 3 mois on vous aura oublié. Votre pseudo et votre avatar seront peut-être même récupérés par quelqu'un d'autre sans que cela ne choque personne. Bloguer n'est pas une activité sérieuse. C'est un loisir, une activité récréative, que j'adore pratiquer, qui m'apporte de la joie, des rencontres et du plaisir. Du plaisir, j'insiste sur ce mot. Certains vont faire un footing pour avoir leur dose d'endorphine, d'autres vont fumer une clope, moi je n'aime pas courir et j'ai arrêté la clope alors je prends mon plaisir ailleurs (le blog, le vin, la bière, les pâtes au saumon et ... le reste est censuré - et pas forcément dans cet ordre). C'est pour cela que le ton du RSFblog est volontairement léger. C'est pour cela que je déteste écrire des billets sérieux, sur les SP, sur ce qu'est un blog... J'ai l'impression de pontifier (et d'être une vieille peau - croyez-moi les femmes détestent se sentir vieilles même et surtout quand elles le sont). En plus, ce genre de billet est assez long à rédiger. Et pendant que je le rédige je ne lis pas, je ne chronique pas un bouquin, je ne vais pas au cinéma, bref je ne m'adonne pas à mes loisirs préférés. Le blog est un moyen de s'amuser. Et écrire des Grandes Questions du lundi comme celle d'aujourd'hui est tout sauf amusant.

Voila c'est tout pour aujourd'hui (et c'est bien suffisant). D'ailleurs je crois que ce sera tout pour un petit bout de temps. Le jour où j'écris une thèse ou un essai sur les blogs littéraires, ne vous inquiétez pas, je vous préviendrai. Et si vous souhaitez une réponse courte et que vous avez lu ce billet en diagonale (vous avez bien fait parce que sa longueur le rend illisible) je rappelle que la seule réponse valable est 42...(la réponse FUCK THE WORLD est aussi acceptée).

And now ladies and gentlemen, let's have fun !

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08 septembre 2011

42 - La Grande Question du Lundi (6)

42

Ce soir je devais rédiger un billet sur Mordre le bouclier de Justine Niogret, une lecture commune avec Efelle, Lorkhan, Shaya et Endea. C'était le programme (le livre est lu). Sauf que...  une série de petits imprévus a envoyé le programme se faire voir chez les grecs... Et l'un de ces imprévus vient de Facebook où un débat sur les SP (pour Service de Presse) envoyés aux blogueurs est en cours. Débat intéressant mais aussi très énervant. Et le sujet mérite bien une Grande Question du Lundi... même si on est jeudi.

Tout est parti d'un article très pédagogique de Nathalie Dau sur les SP. L'un des intervenants soulevait un point que je taxerai "d'idée reçue" et que je copie colle ici :  les blogueurs qui reçoivent des SP achètent globalement moins de livres qu'ils ne lisent de SP.

Donc je me suis amusée à faire un petit bilan dans le style "Lhisbei fait ses comptes" et j'ai souhaité en garder une trace. Je ne suis pas la seule à avoir réalisé l'exercice (Acr0 nous a vivement encouragés à le faire) et l'intervenant a bien vite reconnu qu'il se mettait le doigt dans l'oeil (jusqu'au coude, oserai-je dire). C'est comme la musique : ceux qui téléchargent le plus sont ceux qui achètent le moins c'est bien connu (quoi ? on me souffle dans l'oreillette que je me mets le doigt dans l'oeil...). Perso j'achète un CD par an - et encore - et je ne télécharge rien, je peux donc dire que je me fous comme de mon premier créneau du devenir des majors du disque. Mais revenons-en au mal : le SP et mon bilan.

Entre le 1er janvier et le 6 septembre ma bibliothèque a accueilli 61 nouveaux livres :

  •  23 achats en neuf
  • 14 achats en occasion
  • 7 livres neufs offerts par des amis IRL ou virtuels
  • 2 livres gagnés à des concours ou loterie
  • 15 livres reçus en SP dont 6 parce que je suis membre du jury d'un prix littéraire (le Prix ActuSf de l'Uchronie

Ce qui nous fait 9 SP ou "partenariats" (et tous à l'initiative de l'éditeur ou de l'agence de pub).

Petite précision : il y a 14 livres à lire pour le prix et je ne les ai même pas tous reçus => ce qui veut dire que j'ai acheté ou me suis fait offrir les autres (ou qu'on m'en prête aussi)... parce que, dans ma conception, faire partie d'un jury ça implique de lire tous les livres en compétition (que je suis vieux jeu !).

Et sur la même période j'ai lu 43 livres... (la faute à l'été pourri). Pour autant ma PAL ne diminue pas...

Maintenant que j'ai fait preuve d'une transparence absolue, parlons un peu de la politique marketing des éditeurs. Parce qu'il est facile de voir les blogueurs comme des parasites qui extorquent des SP aux éditeurs, comme des profiteurs du système (les chasses aux sorcières sont une spécialité française ou quoi ?) ...  C'est l'idée reçue n°2 qui ferait presque culpabiliser les blogueurs qui acceptent et lisent des SP. Un peu facile non ? Si les blogueurs sollicitent de plus en plus les éditeurs ce n'est pas par hasard. Ce sont les éditeurs (généralement ceux qui ont les moyens de financer une belle campagne de pub - j'ai des noms mais vous aussi non ?) qui les ont "dressés" ainsi. Des éditeurs qui passent par des agences d'évènementiel. Qui se sont constitués des listes de diffusion de blogueurs et leur permettent de choisir dans les nouveautés ou le catalogue ce qu'il souhaitent lire. Ou qui vont parfois jusqu'à envoyer des livres "en sauvage" (cad sans prévenir le blogueur). Avec eux c'est Noël tous les mois. Qu'on se comprennent bien. Je ne reproche pas aux éditeurs leur politique marketing. Ils y trouvent leur compte, les blogueurs aussi donc tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Par contre je refuse qu'on fasse un procès en sorcellerie aux blogueurs au motif qu'ils bouffent à tous les rateliers. Si les éditeurs font open-bar qu'ils assument !

Les blogs sont de plus en plus considérés par les éditeurs comme un moyen de faire de la pub (en espérant créer le buzz) à peu de frais. Les blogueurs sont "sociaux" (dans le sens de bien implantés dans les réseaux sociaux, font marcher le bouche à oreilles etc). Et ils parlent avec le coeur (l'expression est de Acr0 ou Lelf je ne sais plus). Alors qui utilise l'autre ? Je ne jetterai pas la pierre aux blogueurs qui demandent des SP parce que ce serait trop facile. Les éditeurs ont semé ... Le temps de la récolte est venu. Si les éditeurs ne souhaitent pas envoyer de SP (et ils en ont le droit, la légitimité) et bien qu'ils fassent comme Nathalie Dau : refuser tout en expliquant pourquoi (et le blogueur qui se vexe est un con, c'est dit). Le pire dans l'histoire c'est que les petits éditeurs récoltent la tempête semée par les gros qui ont les moyens de faire des tirages importants et de distribuer beaucoup de livres...(et NON je ne parle pas de Bragelonne qui, en la matière, est loin d'être le plus porté sur les SP). Alors bien sûr tous les éditeurs ne sont pas de vils manipulateurs cyniques. Mais rien n'est gratuit dans notre société. Internet et la blogosphère n'échappent pas à cette règle. Jeter l'opprobe sur une des parties c'est méconnaitre le système dans son entier, c'est considérer le problème (si l'on considère que c'est un problème) par le petit bout de la lorgnette et ce type d'approche ne mène qu'à des impasses.

Je blogue depuis le 1er janvier 2008 et j'ai, en tout et pour tout, demandé 3 SP soit moins de un par an (quelle vile profiteuse je fais). Par contre je ne m'interdis pas de répondre "oui" à une proposition de livre (papier ou numérique) si le livre m'intéresse. Et des propositions j'en ai quelques unes. Rien que pour cette année j'ai reçu 9 SP ou "partenariats" et j'ai décliné au moins deux fois plus de propositions. J'ai aussi demandé à sortir des listes de diffusion des éditeurs. Et quand je bave sur un livre, je l'achète, je l'emprunte en bibliothèque (mon budget livre n'est pas extensible) ou des blogueurs sympas le font tourner (ils se reconnaîtront). Point.

Je passe sur l'idée reçu n°3 qui est apparue en cours de débat, à savoir que les blogueurs se sont "auto-institués chroniqueurs et [leurs] seules compétences se résument trop souvent à la recopie du quatriéme de couverture" (l'accent aigu n'est pas de moi). Cette idée reçue mérite, à elle seule, une Grande Question du Lundi (et elle ne saurait tarder).

Sur ce bonne nuit. La mienne va être trop courte.

Posté par Lhisbei à 23:41 - - Commentaires [27] - Rétroliens [0]
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15 août 2011

42 - La Grande Question du Lundi (5)

42

Il y a avait longtemps qu'on n'avait pas réfléchi sur ce blog. On s'amuse, on lit, on chronique, on rigole, mais faire marcher les petites cellules grises, on ne le fait pas trop souvent (les neurones ça s'use si on s'en sert et, personnellement, je tiens à garder les miens en bon état de marche le plus longtemps possible). Mais voila, ça ne pouvait pas durer. Il fallait bien, qu'un jour, quelqu'un se pointe avec une question intelligente. Ici c'est Blop qui, en plein milieu des vacances (qu'elle ne soit pas remerciée de troubler ainsi notre léthargie estivale), reprend avec pertinence, la non moins pertinente question posée par Sylvie Denis (qu'il faudra bien que je lise un de ces jour, car honte à moi, je n'ai encore jamais croisé un de ses textes - sauf des traductions). 

Soit dit en passant, il faudrait que les auteurs, notamment les auteurs de SF, notoirement connus pour ce défaut rédhibitoire qui consiste à avoir la capacité de mettre en branle leur cerveau pour avancer des idées bien trop éloignées des lieux communs habituels, arrêtent de se poser des questions et de nous les poser, simplets que nous sommes. Laissez-nous patauger dans notre inconscience niaise bon sang ! Nous ne voulons pas prendre conscience du réchauffement climatique, des dégâts de la surpopulation et de la pollution inhérente à notre activité humaine délirante, de la dégradation de notre planète et de notre incapacité à répartir entre tous nos "richesses" (l'eau et la nourriture en premier) et de notre indécrottable égoïsme qui nous donne le super-pouvoir de nous éradiquer à petit feu et dans d'atroces souffrances (désolée pour les génération à venir mais c'est ce qui vous attend, les enfants, on vous a emprunté la Terre mais on ne compte pas vous la rendre dans l'état dans lequel nous l'avons trouvée et, ne vous leurrez pas, vous pouvez vous asseoir sur les intérêts).  *

Mais revenons à nos moutons, Blop a le mérite de ressusciter cette rubrique où l'on tentait de réfléchir un peu : la Grande Question du Lundi (mais de toute façon la réponse étant 42, on n'est pas obligé de réfléchir vraiment).

Voici la question posée par Sylvie Denis dans cet article de Génération Science-Fiction :

"Pour quelle raison bizarre et irrationnelle des êtres humains adultes, responsables et occidentaux, pourvus pour la plupart de conjoints et de progéniture, de métiers, de positions sociales même, enfin bref, des gens comme vous et moi, lisent-ils des histoires d'empires galactiques, de batailles spatiales, d'aventuriers stellaires et autres fariboles situées dans des futurs aussi lointains qu'improbables ?"

Et Blop de nous refiler la patate chaude sous forme de tag aux blogueurs de Planète SF...

J'ai bien une hypothèse de réponse** mais elle est déprimante. Si nous sommes vraiment des êtres humains adultes et responsables, nous lisons ces fariboles pour échapper à la FOLIE qui nous menace. Quel adulte responsable et réfléchi pourrait regarder le monde tel qu'il est sans sombrer, au mieux, dans la dépression, au pire, dans la folie ? D'où le besoin de s'abrutir, peu importe le moyen. Les plus sensés d'entre nous se tournant vers un genre, la SF, qui leur permettra peut être d'envisager notre présent et notre avenir, voire d'y réfléchir, sans avoir besoin de deux boites de Lexomil... ***

Mr Lhisbei a une autre hypothèse : l'homme est nomade dans l'âme (il l'était avant d'inventer un truc qui a fait basculer le monde du côté obscur de la force : la culture (agraire) et son corollaire, la propriété terrienne). Il a donc besoin de se déplacer ; et il se déplace en suivant les ressources disponibles (la bouffe d'abord, la richesse ensuite). Il compare la soif de space-opera et le désir de conquérir l'espace à la fièvre de l'or et à la conquête de l'ouest américain (voire même aux  explorations maritimes de Colomb et Magellan). En plus de la curiosité naturelle (qu'est-ce qu'il y a là bas derrière la colline l'étoile au fond à gauche du ciel ?), et la totale liberté qu'incarne à la perfection Yan Solo (il a son vaisseau, il poutre comme il veut qui il veut et fuck le reste du world), la possibilité de richesse nous pousserait à vouloir sortir de notre atmosphère. Ce qui lui fait dire que si, un jour, il devient économiquement rentable d'aller exploiter Mars ou les astéroïdes de la ceinture de Kuiper (ou qu'on a plus le choix parce qu'on aura usé notre planète jusqu'à la corde...) et bien soudainement nous développerons la capacité à nous y rendre... (après tout la guerre froide a bien envoyé des Américains sur la Lune). ****


* il parait qu'un pan de la SF peut être qualifiée d'optimiste... si, si, ce n'est pas une légende urbaine

** à toutes fins utiles je rappelle la réponse donnée à Gromovar dans une interview :
Que trouves-tu dans cette littérature de genre ?
De quoi me nourrir les neurones : une dose de réflexion, une pointe d’évasion, une part de rêve et un soupçon d’utopie (un monde meilleur…)

*** je suis très optimiste mais comme le disait Peter Ustinov : L'optimiste est celui qui sait à quel point le monde peut être triste. Le pessimiste, celui qui le découvre tous les jours

**** Mr Lhisbei est donc beaucoup plus optimiste que moi (encore que sans illusions sur la nature humaine) et ce n'est pas plus mal (il m'évite le Lexomil). Et d'ailleurs, de nous deux, c'est lui qui a le cerveau et l'économise le moins.

PS : Je remercie Jeanne-A Debats pour avoir remis à la mode les notes en bas de page de billet.

PPS : Si vous voulez une VRAIE réponse je vous invite à passer chez Blop et chez Anudar... et puis aussi chez Grom', Cédric Ferrand sur Hugin & Munin, Val, Thom, Stéphane Gallay

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27 décembre 2010

42 - La Grande Question du Lundi (4)

42

Ferocias a récidivé avec un TAG sous forme de question : Commencer un livre par le milieu, est-ce une hérésie ?

Et voila donc que je transforme ce TAG en Grande Question du Lundi pour éviter d'avoir à le refiler à d'autres (mais si vous en voulez n'hésitez pas !).

Commencer un livre par le milieu est-ce une hérésie ? Est-ce acceptable ? Est-ce une pratique déviante de lecteur ? On pourrait convoquer Daniel Pennac et invoquer ses droits du lecteur pour dire que chacun fait ce qu'il veut ou ce dont il a envie. Libre quoi ! Mais en allant un peu plus loin j'ai envie de poser une autre question : quel est l'intérêt de ne pas commencer un livre par le commencement ? Je pense au premier chapitre d'un roman. Après tout c'est ainsi que l'auteur a voulu commencer. Pourquoi dès lors lui refuser cette faveur ? Pour les essais ou les recueils de nouvelle grappiller un texte ici ou là reste un plaisir. Mais pour un roman, quel intérêt de débarquer au milieu de l'histoire ? Comment apprécier le comte de Monte-Cristo si l'on n'a pas connu le naïf Edmond Dantès ? A moins d'aimer le puzzle façon tonton flingueur...

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20 décembre 2010

42 - La Grande Question du Lundi (3)

42

Connaissez-vous ce bôgosse ?

karl_urban

Mais, mais si ! Allez un petit effort... je vous aide. Il jouait Eomer dans Le Seigneur des Anneaux et Vaako, un Necromonger ambitieux qui rêvait d'être calife à la place du calife dans Les chroniques de Riddick... 

eomer   vaako_necromonger

Voila, ça vous revient ? (Plus récemment, il jouait aussi dans RED avec Bruce Willis et pour ce film il a bien travaillé sa musculature le bougre).

Maintenant que je me suis fait plaisir avec mon p'tit bogosse du moment, passons aux choses sérieuses, à savoir la Grande Question du Lundi. Parce que si je vous présente Karl Urban (oui, le bôgosse a un nom qui claque en plus du reste) c'est bien pour étudier ce phénomène essentiel des "reboot" au ciné.

Qu'est-ce qu'un "reboot" ? Vous prenez un film ou une série de film (avec une franchise ça marche encore mieux) et vous recommencez à zéro. Et c'est différent du remake qui consiste à refaire plus ou moins le même film. Le "reboot" est l'équivalent du formatage d'un PC. Vous reprenez du début comme si les films précédents n'avaient jamais existé. L'exemple qui me vient ici spontanément à l'esprit : Batman. Nous avions deux bons Batman (période Tim Burton) puis deux mauvais Batman (Joel Schumacher). Pour reprendre la franchise, qui sombrait dans le ridicule au ciné, hop, un reboot par Christopher Nolan. On efface tout et on recommence. Personnellement je n'ai pas apprécié le procédé qui équivaut à mettre à la poubelle le bon et le moins bon sans demi-mesure, sans nuances. Un procédé aussi fin qu'une tentative d'écraser une mouche à la masse d'armes.  Un procédé qui permet de combler, à peu de frais, le manque d'idée des scénaristes et producteurs  qui ont trouvé là un filon pour faire facilement des bénéfices. Je n'ai pas non plus apprécié les films qui en ont résulté (qui sont longs, froids et ennuyeux au possible mais je suis partiale car allergique au cinéma de Nolan). Je préférais, et de loin, les Batman réalisés par Tim Burton même si je concède qu'ils ont pris un petit coup de vieux. Bref, et pour en revenir à Karl, un nouveau "reboot" va sortir en 2011 : Judge Dredd où notre bôgosse succèdera à Sly. Vous avez donc compris que le phénomène "reboot" et moi ne sommes pas amis, même pour le joli minois de Karl. 

Et vous, vous en pensez quoi du "reboot" ? Vous vous en fichez comme de la première dent de votre gardienne d'immeuble ? Vous adorez comparer le reboot avec l'original et jouer au jeu des 7 erreurs ?

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22 novembre 2010

42 - La Grande Question du Lundi (2)

42

Voici le retour de la Grande Question du Lundi. Aujourd'hui elle portera sur l'étude du phénomène TAG dans le blogging.

Qu'est-ce qu'un TAG ? Pas celui qui sert à marquer et indexer vos messages et qui vous donne de beaux nuages (ou de moins beaux comme sur mon blog) mais le TAG qu'on se refile entre blogueur d'un guilleret "je t'ai tagué(e) !".

Le tag qu'on se refile est viral : il se transmet très facilement d'un blogueur à l'autre car il contient un code très efficace lui permettant de contraindre la victime à le refiler au voisin du net. En outre la victime qui a bien souffert de ce tag n'est que trop heureuse de faire souffrir quelqu'un d'autre. Le tag s'appuie donc sur le sado-masochisme, trait de caractère le mieux partagé par les blogueurs (passez des heures à essayer de pondre un avis sur certains bouquins et vous verrez s'il n'est pas maso le blogueur). A la différence d'un virus classique il ne nuit ni au PC ni à l'utilisateur (il ne perd pas 3 ans de données stockées sur son disque dur par exemple). par contre, comme le virus de la grippe, le TAG mute, se transforme pour mieux se propager et franchir les barrières. Il s'agit donc d'une chaîne, généralement sympathique, à l'objet parfois humoristique que le blogueur prend plaisir à réaliser même s'il se rend compte que, bon, parfois ça l'amène à faire un peu l'idiot.

La Grande Question du Lundi est simple ? Comment vous comportez-vous face à un TAG ? Quels mécanismes de défense avez-vous développé ?

En ce qui me concerne c'est assez simple, je réponds à la majorité des TAGS qu'on me refile (c'est mon côté bien élevé ou mon éducation chrétienne ou mon côté maso, barrez la mention inutile). Il faut avouer qu'on ne me tague pas souvent. Et que je ne tague presque jamais et que je refile rarement mes microbes. Et puis quand on me tague je me fends d'un billet comme celui-ci ce qui a le don de freiner les élans (railler le TAG est un bon mécanisme de défense : le TAG se méfie et ne vient se frotter que contraint et forcé). Il arrive aussi que j'oublie d'y répondre (je dois avoir un vieux TAG de Geishanellie qui traîne quelque part). Cependant il arrive parfois que je n'aie pas le choix. C'est le cas aujourd'hui car j'ai été taguée par Férocias, Gromovar, Guillaume et Loula. Mon système immunitaire n'est pas de taille à lutter contre cette invasion. Le nom du coupable ? Le TAG des quinze. Son principe est simple (et imparable) : faire coucou à la personne qui vous a tagué (c'est fait) , puis nommer quinze auteurs en quinze minutes, selon ce qui vous vient à l'esprit (voir ci-après) . Enfin, taguer quinze collègues blogueurs/blogueuses (la contrainte imposée, hop, l'air de rien...). Donc top chrono pour les 15 auteurs :

  1. Alexandre Dumas (pour Le Comte de Monte-Cristo)
  2. Arto Paasilinna (pour Le fils du Dieu de l'oragePetits  suicides entre amis, La douce empoisonneuse et Un homme heureux)
  3. Elliot Perlman (pour Ambiguïtés)
  4. Larry Brown (pour 92 jours et Dur comme l'amour)
  5. John Irving (pour Owen)
  6. Haruki Murakami (pour tout)
  7. Isaac Asimov (parce que)
  8. Anne Rice (pour Lestat et Louis, pour les sorcières de Mayfair et pour la Nouvelle Orléans)
  9. Anne McCaffrey (parce que et pour tout)
  10. Don Lorenjy/Laurent Gidon (pour la plume et l'épée)
  11. Elisabeth Vonarburg (parce que "Respect")
  12. Lucie Chenu (parce que si elle n'existait pas il faudrait l'inventer)
  13. Lionel Davoust (parce qu'il est armé d'un parapluie katana ostensiblement dangereux)
  14. Mélanie Fazi (pour ses écrits, ses photos et parce qu'elle est "d'min coin")
  15. Charlotte Bousquet (pour son engagement et les valeurs qu'elle porte)

Toute la blogosphère étant déjà contaminée par ce TAG je ne le ferai pas voyager ...

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11 octobre 2010

42 - La Grande Question du Lundi (1)

Hier nous étions le 10/10/10 et c'était le « 42 Day » car en langage binaire (informaticiens et geeks de passage arrêtez-moi si je me trompe) 42 s'écrit 101010.

(Sauf que hier je lançais un concours pour gagner 5 exemplaires Dehors les chiens, les infidèles de Maïa Mazaurette donc je ne pouvais pas participer à la fiesta du 42)

42 est la réponse à la Grande Question sur la Vie, l'Univers et le Reste dans H2G2 de Douglas Adams. Les hommes ont posé la question au super-calculateur Deep Thought (Pensées Profondes en VF) et 42 est la réponse ultime. C'est donc sous le patronage de ce 42 que nous lançons la Grande Question du Lundi. Le principe est simple : vous poser une question (légère ou grave, idiote ou intelligente, peu importe) et vous laisser répondre en commentaires. La Grande Question du Lundi reviendra (ou pas d'ailleurs) chaque lundi soir.

Pour fêter ça voici le logo officiel (made by myself - bon d'accord je ne suis pas une graphiste née...) de La Grande Question du Lundi

42

Et maintenant La Grande Question du Lundi de ce lundi : Avez-vous un chiffre ou un nombre fétiche ?

Pour le RSFBlog la réponse est évidente et a été martelée tout au long du billet : 42 (la réponse ultime of course). Et vous, avez-vous un chiffre ou un nombre fétiche ?

Si, vous aussi, vous souhaitez poser La Grande Question du Lundi sur vos blogs, allez-y. Pensez à faire un lien vers ce billet pour que je recense vos participations :)

Posté par Lhisbei à 20:03 - - Commentaires [15] - Rétroliens [0]
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