RSF Blog - le blog du Répertoire de la Science Fiction

10 septembre 2010

Perry Rhodan, Recrues pour le Régent - K.-H.Scheer et Clark Darlton

recrues_pour_le_r_gentRecrues pour le Régent
Perry Rhodan

De K.-H.Scheer et Clark Darlton

Fleuve Noir - 190 pages

Avis de Monsieur Lhisbei 

Perry Rhodan est devenu stellarque de l’empire Terrien (ne me demandez pas comment : pour le savoir (et pour savoir ce qu’est un stellarque) il faut lire les 35 épisodes précédents).

Le régent, un ordinateur géant, règne sur l’empire Arkonide. Les Arkonides, par fainéantise, ont laissé leur empire aux mains du régent qui gèrent leur vie oisive. La guerre qui oppose le régent et Perry Rodhan est perturbé par l’arrivé des Droufs, autre civilisation agressive mais issue d’un autre espace temps. En effet les Droufs profitent d’une faille spatio-temporelle pour attaquer notre Univers.
Dans cet épisode (donc le 36eme), Perry Rodhan met au point un plan pour contrer le régent et les Droufs. Il veut les obliger à entrer en guerre ouverte avant que la faille spatio-temporelle ne se referme et ramène les Droufs dans leur Univers. Son but est d’affaiblir le régent et l’empire Arkonide afin de laisser du temps à l’empire Terrien de se développer et de pouvoir se battre à armes égales avec le régent. J’arrête là le résumé de peur d’en révéler trop. 190 pages d’aventure c’est court, très court ou long, très long … selon la passion que l’on porte à Perry Rhodan.

Oui c’est un space opera en feuilleton. Certains parlent de plus de 2 500 épisodes. Pour ma part j’en ai répertorié environ 200 traduit de l’allemand au français. Si j’osais, allez hop ! j’ose, je comparerais la série Perry Rhodan à une autre série de science-fiction : Blade, le sexe en moins. Là où les épisodes de Blade peuvent se lire facilement et presque indépendamment, pour lire un Perry Rodhan vous avez besoin d’un résumé des épisodes précédents. Perry Rodhan est un soap space opera. Ces deux séries font véritablement partie de ce que l’on peut appeler des romans de gare : je prends le train, j’en ai pour deux heures de trajet, je passe au point presse et j’achète un roman (Blade, L’implacable, SAS ou Perry Rhodan…). Ce n’est pas de la grande littérature, mais les fans de héros récurrent en auront pour des années de lecture et d’aventure palpitante à travers l’espace : 2 500 romans x 2h = 5 000h de lecture. J’ai souvent pris le train dans ma vie et je ne compte pas m’arrêter maintenant.

Avis de Monsieur Lhisbei

Consulter la bibliographie de l'auteur sur le Répertoire de la Science-Fiction.

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06 septembre 2010

Cat le psion - Joan D. Vinge

cat_le_psionCat le Psion

De Joan D. Vinge

J'ai lu - 572 pages

Livre lu dans le cadre du concours « Futurs : capitalismes hallucinés » organisé par Anudar pour les 10 ans de FolioSF.

Cher Anudar,

Ton concours n’est pas facile. Être le premier à lire un des livres que tu estampilles « Futurs : capitalismes hallucinés ». Après avoir fouillé la bibliothèque de Mr Lhisbei j’avais le choix. Cat le Psion de Joan D. Vinge est le livre qui s’est rapidement imposé à moi (malgré ses 572 pages) : j’avais gardé un excellent souvenir de La Reine des Neiges du même auteur. En plus l’illustration de la couverture est celle que tu as utilisée pour créer ton logo. J’y ai passé le week-end (délaissant ménage et repassage) mais, à 22h15 le défi est relevé. (Je te rassure tout de suite, lire ce livre n’a pas été non plus une torture sans fin)

Cat est un hybride : mi-humain, mi-hydran, une race extraterrestre aux pouvoirs psi et aux yeux de chats. De ses ancêtres hydrans il a hérité la possibilité de lire dans l’esprit des autres. Son don de télépathie fait de lui un paria. Les hydrans ont tous été exterminés et son enfance dans les rues de Old City, une ville de rebuts de la société, n’a pas été facile. En tuant un autre télépathe, un dangereux terroriste qui menaçait la terre entière, il a perdu son don. Ce qui ne l’empêche pas d’être haï de tous.
Alors qu’il tente d’étudier le plus sereinement possible à l’université, il se fait enlever Centuri Transports, l’un des plus puissants cartels terrestres qui tente de le recruter pour jouer les gardes du corps. Il doit protéger Lady Elnear sur laquelle plusieurs tentatives de meurtres ont échoué. En contrepartie il recevra une belle somme d’argent et des doses d’une drogue lui permettant de recouvrer une partie de son pouvoir psi. Cat devient rapidement un catspaw, un pion que la richissime famille taMing, qui dirige le cartel, utilise à sa guise en fonction des ses intérêts. Mais Cat n’est pas vraiment prêt à rester le jouet impuissant d’êtres inhumains, ballotté au milieu des intrigues politiques et coincé entre les ambitions démesurées de certains.

Le contexte est assez classique : une société post-spatiale, un monde techno-futuriste où les manipulations de l’apparence et de la génétique sont courantes, où tout le monde se fait plus ou moins câbler pour accéder à des réseaux informatiques de plus en plus puissants et où les pauvres n’ont aucune existence légale et vivent dans la peur, la drogue et la violence. Le futur n’est guère reluisant et risque encore d’empirer avec l’arrivée d’un illuminé se croyant l’envoyé de Dieu et avec le vote prochain d’un projet de loi visant à déréguler l’usage des drogues pour mieux contrôler les masses.
Les intrigues, complots et manipulations des uns et des autres s’imbriquent parfaitement mais ne noient jamais le lecteur. Les évènements s’enchaînent dans une grande fluidité. Le personnage de Cat est attachant et le fait qu’il soit le narrateur de sa propre histoire lui donne une proximité et une substance tangible. Un bémol toutefois : la traduction me parait parfois manquer de cohérence sur l’utilisation du vouvoiement et du tutoiement : certains personnages (dont l’un sort des bas fonds et a besoin de réviser ses bonnes manières) continuent à se vouvoyer après avoir passé une nuit des plus torrides. Avis aux amateurs d’ailleurs, les scènes de sexe présentes dans le roman sont très bien écrites…

J’ai dévoré ce livre et pas seulement pour le concours. Merci Anudar.   

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03 septembre 2010

Les conquérants de l'univers - Richard Bessière

les_conqu_rants_de_l_universLes conquérants de l'univers

De Richard Bessière

Fleuve Noir - 190 pages

Pour sa participation au Summer Star Wars, Ferocias joue à archéologue du space-opera. Ses billets donnent vraiment envie de fouiller le grenier, de dénicher les vieilles malles de grand-mère pour plonger dans le space-opera de grand père. J'ai donc exploré les BAL (bibliothèques à lire) de Mr Lhisbei et voici ce que j'ai trouvé : le premier roman de la collection Anticipation du Fleuve Noir, collection dite « Fusées » à cause de la fusée qui orne sa tranche son dos. La fusée de la couverture annonce la couleur : space op' nous voila.

Les conquérants de l'univers, premier volume d'un cycle éponyme en 5 tomes, de Richard Bessière a été publié en 1951. C'est Internet qui nous le dit car le livre ne possède ni dépôt légal ni date d'édition ni ISBN... Richard Bessière est ce qu'on peut appeler un auteur prolifique : il affirme sur son blog (inactif depuis mars 2007) avoir à son actif 285 ouvrages ! A noter aussi : les éditions Éons ont réédité en un seul volume les cinq romans du cycle des Conquérants de l'univers.

Je ne résiste pas à la tentation de reproduire la quatrième de couverture :
A bord de leur appareil interplanétaire, six terriens se trouvent lancés dans l'aventure la plus extraordinaire qu'on puisse rêver. Vous allez faire connaissance avec ces audacieux astronautes qui ne tarderont pas à vous devenir familiers, et vous suivrez leurs aventures avec un intérêt qui ne faiblira jamais. C'est Jules Verne qui a ouvert la voie au roman d'Anticipation. Plus près de nous, H.-G. Wells est allé encore plus loin. Mais le roman de F. Richard-Bessiere que nous vous présentons est bien le plus extraordinaire et le plus captivant qu'on ait écrit jusqu'à ce jour.        

Nous voila embarqué à bord du Météore, premier vaisseau capable d'arracher l'homme à la pesanteur terrestre, parti à la découverte de l'Univers. Le Météore, créé par le professeur Bénac avec l'aide de son filleul Richard, grâce aux fonds du sud-américain Don Alfonso, est un engin digne des romans de Jules Verne : fabriqué dans un alliage de métal nouveau il dispose d'une propulsion révolutionnaire et de quatre niveaux qui assurent confort et sécurité. L'expédition de Bénac devait initialement concerner trois personnes. Le professeur Bénac et Richard devait se faire accompagner par Jeff grand reporter américain chargé de couvrir en exclusivité l'évènement. Mais Ficelle, mécanicien aux doigts magiques, et Don Alfonso se trouvent malencontreusement piégés à bord au moment du décollage. Miss Mabel, jeune étudiante anglaise, a fait valoir des arguments de poids pour intégrer l'équipe : « Mais qui s'occupera du ménage ?  »  et  « Comment voulez-vous être présentables lorsque vous arriverez chez les martiens ? Croyez-vous que ces gens-là auront une bonne impression des terriens lorsqu'ils verront vos pantalons en accordéon et vos cols froissés ? »1. Bénac finit par céder à condition que Miss Mabel « maîtrise ses nerfs »2. Ils seront donc six à s'élancer, à la prodigieuse vitesse de 45 kilomètres par seconde, vers la Lune, première escale de l'expédition, avant de prendre la direction de Mars.

Richard Bessière nous dispense régulièrement des cours d'astronomie (Mabel finira même à lire un livre traitant de cette matière) selon les connaissances de l'époque. Dix ans avant le premier vol spatial habité et la conquête spatiale, la face cachée de la Lune est un terrain de fantasmes. L'auteur résiste à la tentation de le peupler de Sélènites ce qui, en soi, constitue déjà une originalité. Dans les années 50 les canaux de Mars se prêtent à toutes les interprétations possibles et se trouvent plutôt bien exploités dans ce roman. La description de la société martienne fourmille d'idées : la rationalité scientifique gouverne la planète et la critique sociale n'est pas bien loin. Certaines scènes sont vraiment très gaies (comme la compétition sportive sur Mars).   

Richard Bessière, qui avait 18 ans à la parution du premier volet des Conquérants de l'Univers, fait preuve d'érudition (qui, certes, parait bien dépassée de nos jours) et d'une imagination débordante qui compensent une écriture parfois maladroite et au style suranné. Sur 190 pages, le rythme échevelé condense les aventures lunaires et martiennes de notre fine équipe proposant de nombreux rebondissements au risque de survoler ces aventures. Un romancier moderne aurait développé un peu plus chacune des péripéties de nos aventuriers. Je n'envisage pas de lire la suite - archéologue du space opera étant un hobby pour moi - mais si quelqu'un m'offre les livres, je me sacrifierai ...   

1Nous sommes en 1951 n'oublions pas. Remercions les féministes d'être passées par là.

2 Elle prouvera par la suite qu'elle les maîtrise parfaitement : juchée sur un rocher « la courageuse jeune fille » tire sans arrêt sur les créatures préhistoriques qui peuple la face cachée de la lune (même si pour cela elle doit serrer « convulsivement » les lèvres) ; et ne s'évanouit qu'après la bataille et pour une excellente raison : elle est grièvement blessée et perd beaucoup de sang.

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30 août 2010

Le Volcryn - George R.R. Martin

Martin180Le Volcryn

de George R.R. Martin

Éditions ActuSF - 158 pages

Ma toute première expérience avec George R. R. Martin (n'y voyez rien de sexuel, merci !) n'a pas été très concluante. C'était avec le premier tome du Trône de Fer, son archi-connue saga de fantasy. Je n'ai pas dépassé la page 80 : trop de personnages, pas d'assez d'action, un monde sans originalité... Bref je n'ai pas accroché du tout à la série.
Pour participer au Summer Star Wars de Mr Lhisbei je cherchais un court roman ou une novella de space opera. Je suis peu friande de batailles spatiales et d'empires galactiques et je ne voulais pas m'embarquer dans une saga à rallonge. Le Volcryn répondit parfaitement à mes besoins. Dans la PAL de Mr Lhisbei après notre visite des Imaginales, je l'avais sous la main. Un  Prix Locus reçu en 1981 et des avis positifs sur la toile ont achevé de me convaincre.   

Pour partir à la recherche des Volcryns, cette mystérieuse race d'extra-terrestres qui parcourt l'univers, Karoly d’Branin affrète l’Armageddon, un vaisseau spatial commandé par l'énigmatique Royd Eris. Les quartiers de ce dernier sont isolés de ceux du reste de l'équipe recrutée par d'Branin. Le commandant n'apparait jamais en personne : un hologramme le représente. Très vite, dans cet espace confiné, des tensions apparaissent et l'ambiance se dégrade. Quand l'un des membres de l'expédition décède dans des circonstances bizarres et que l'on s'aperçoit que Royd Eris surveille en permanence l'équipage, la paranoïa s'intensifie. Et les Volcryns sont encore loin...

Autant l'avouer tout de suite, si ce texte avait été plus long j'aurais, encore une fois, abandonné la lecture en cours de route (ouch!). Les premières pages auraient suffi à me faire fuir : l'introduction des personnages, présentés les uns derrière les autres "à la file", et le "planté" du décor m'ont prodigieusement ennuyé. En plus cette présentation ne m'a pas permis de bien différencier les personnages (et je déteste devoir revenir en arrière pour me remémorer qui est "bidule") ni d'ailleurs de m'intéresser à la moitié d'entre eux. Heureusement les personnages les plus importants prennent, peu à peu, plus de relief (et de vie). Les autres (qui ne marquent pas par leur originalité) n'ont qu'une utilité, utilité que je ne dévoilerai pas ici sous peine de vous gâcher le plaisir de la lecture. Car, oui, du plaisir de lecture on en trouve - et pas qu'un peu - dans Le Volcryn. Passés les premières - et laborieuses - pages, George R. R. Martin installe un climat, une atmosphère, propre à piéger le lecteur. Au fil des pages il crée le malaise, instille la peur, exacerbe la paranoïa tout en jouant sur deux intrigues, le mystère des Volcryns et celui du commandant Eris, intrigues qu'il parvient à résoudre habilement au même moment. L'intensité du suspens happe le lecteur et les pages se tournent toutes seules jusqu'à l'apothéose finale. Le Volcryn nous offre un huis clos angoissant à souhait dont il serait dommage de se priver.

Si ce livre avait été plus long...  je serai passée à coté d'un très bon bouquin. Je devrais peut être retenter Le trône de fer  tiens...

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24 août 2010

La volonté du dragon - Lionel Davoust

la_volonte_dragonLa volonté du Dragon

De Lionel Davoust

Éditions Critic - 172 pages

La volonté du dragon prend place dans le monde d'Évanégyre, monde de fantasy introduit par la nouvelle « Bataille pour un souvenir » dans l'anthologie Identités (dirigée par Lucie Chenu). Je n'ai pas lu cette nouvelle mais, en revanche, j'avais eu un coup de cœur pour « L'île close » dans l'anthologie De Brocéliande en Avalon , coup de cœur qui a motivé l'achat de ce roman.

Le généralissime Vasteth vient négocier, au nom de l'Empire d'Asreth, la reddition du royaume de Qhmarr. Des résultats de cette négociation dépendra l'entrée en guerre ou non des deux royaumes. L'invincible armada de l'Empire du Dragon, immense flotte à la puissance de feu dévastatrice, se tient prête à attaquer. Son intervention se révèle bien souvent superflue, les nations préférant capituler avant le premier échange de tir. La haute technologie de l'Empire - et les canons draniques qui en sont le fleuron - s'avère être une arme de dissuasion des plus efficaces. Du reste l'Empire n'est animé que de motifs nobles : apporter la paix et le progrès au plus grand nombre, éradiquer les superstitions ou les traditions qui asservissent le peuple comme ce lâh, cette religion déterministe qui gouverne le petit royaume moyenâgeux de Qhmarr, religion incarnée par le Qasul Ehal Hamfaa, gardien de la tradition. Qhmarr refuse de se soumettre cependant. Le Qasul n'est guère plus qu'un enfant-roi mutique et Vasteth, confiant en la victoire, accepte donc de partager une partie d'un jeu de plateau (à mi-chemin entre échecs et « touché coulé » mais je manque de culture en jeux de plateau) à une échelle qui, découvre-t-il un peu tard, le dépasse. Sur l'échiquier comme sur les flots, la guerre est inévitable.

La volonté du dragon se rapproche plus d'une novella que d'un roman. Elle est centrée sur un évènement : la bataille qui scellera le sort de la guerre entre Qhmarr et l'Empire du Dragon. Les personnages sont peu nombreux et la fin constitue une chute. Elle est cependant construite comme un roman avec une alternance des fils narratifs - la confrontation entre les deux armées sur les flots et celle des deux généraux devant la table de jeu - et des enjeux qui dépassent les personnages. Au travers du généralissime et du Qasul ce sont deux point de vues, deux conceptions de la vie, qui s'affrontent. Sur le plan des valeurs, ces deux conceptions se valent. Chaque système a ses bons et ses mauvais côtés (voire même des points communs si l'on regarde d'un peu plus près le personnage de l'Impératrice Dragon, personnage que j'aurais aimé voir plus développé d'ailleurs). Pour autant, Lionel Davoust évite avec panache l'écueil du manichéisme basique trop souvent présent en fantasy. Ici, le lecteur a du mal à désigner un méchant et un gentil, à prendre parti pour l'un ou l'autre camp. Parler de suspens serait excessif mais la tension est palpable - et avec quelle intensité ! - tout au long du roman. Il est impossible de deviner avant le dénouement, qui, de David ou de Goliath, l'emportera et, encore plus, de décider lequel des deux camp on a envie de voir triompher. Et rien que ça, c'est très fort. Un bémol toutefois sur le dénouement. S'il constitue un retournement de situation bien surprenant, il m'a paru un peu trop précipité, comme si l'auteur avait eu peur de décevoir les attentes de son lecteur et avait accéléré le mouvement pour accentuer l'effet de surprise. Un effet trop appuyé que j'ai trouvé contre-productif.

Du côté des points forts du roman on trouve aussi un univers bien dessiné et plutôt original (surtout dans son contraste très marqué entre les deux nations), des personnages bien campés et des combats marins très réussis qu'on visualise bien (et c'est quelqu'un qui s'y connait autant en navigation qu'en physique des particules qui l'affirme...). Et, comme si tout cela ne suffisait pas, ajoutons aussi le style de l'auteur : fluide, travaillé et riche mais sans excès ni lourdeurs, il happe le lecteur de la première à la dernière ligne. Les phrases sont impeccablement rythmées et donnent envie de lire le texte à haute voix pour le savourer plus longtemps. 

Il faut aussi souligner l'esthétique du livre. A l'extérieur, la couverture, le dos et la quatrième de couverture sont superbes. A l'intérieur la maquette aérée et la police de caractère facilitent la lecture et les illustrations favorisent l'immersion dans l'histoire.

Est-il encore besoin de préciser que La Volonté du dragon est mon coup de cœur de l'été ?

Un extrait :
Tout autour de lui, au dessus comme au dessous, la voûte céleste du monde tournoyait lentement, à l'infini. Des étoiles froides, dépourvues de tout scintillement, piquetaient la sphère de néant qui l'entourait ; pourtant, bien qu'il en occupe le centre, leur éloignement inconcevable, leur multitude accablante lui évoquèrent une indifférence écrasante, presque insupportable. Elles étaient là depuis bien avant sa naissance, avant même la fondation d'Asreth, et il eut la sensation qu'elles existeraient bien après que l'Empire - à supposer qu'une telle chose soit possible - ne se soit effondré. Il secoua la tête. Non, pensa-t-il avec force. Nous construisons pour durer.

Consulter la bibliographie de l'auteur sur le Répertoire de la Science-Fiction et revoir avec plaisir la bande annonce de la sortie du livre pour admirer les dessins de Frédéric Navez

 

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